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Des vidéos de Pierrick Sorin en ligne

L'artiste français Pierrick Sorin met à disposition sur son site la consultation de quelques extraits de son travail vidéo. Des supports pouvant venir prolonger l'approche de "Nantes, Projets d'artistes" (2000) dans le programme de l'option facultative en Terminale ou venir interroger "Images, fictions et réalités" en Quatrième.

 

Autoprésentation de l'artiste par lui-même (Extraite du site)

 

"A partir de 1987 , Pierrick Sorin réalise une série de courts “autofilmages”. Seul, sous l'unique regard d'une caméra Super 8, il dévoile des instants - parfois très intimes - de sa vie, sous forme de petits récits faussement naifs et particulièrement ironiques où humour et gravité font bon ménage.

 

Les plus connus parmi ces “autofilmages” sont : “Réveils” et “Je m'en vais chercher mon linge”. Dans le premier, Sorin se filme, chaque matin, pendant un mois, au moment même où il est réveillé par son poste de radio. A chaque fois, il prend la caméra à témoins et déclare qu'il se sent fatigué, qu'il faut vraiment qu'il se couche plus tôt... Apparement, son intention n'est jamais mise à exécution car on le retrouve chaque jour aussi fatigué. Le film est ici utilisé comme l'outil d'un simple constat sur ces petits échecs du quotidien que tout le monde connaît. La répétition des “ réveils” crée un effet comique derrière lequel transparaît un drame plus profond: celui d'une incapacité à appréhender correctement une relation au monde. Dans “Je m'en vais chercher mon linge”, Sorin utilise un authentique enregistrement d' une chansonnette qu'il avait improvisé à l'âge de 4 ans. Sur cette voix d'enfant, il chante en play-back, retouvant avec son corps d'adulte, des mimiques enfantines. Là encore, un effet comique est produit par la rencontre de la voix fluette égrenant des paroles absurdes et de de ce visage beaucoup plus grave. Mais c'est aussi l'idée du temps et de la mort de l'enfance qui s'affirme et, subrepticement, nous émeut.

 

A partir de 1989, Pierrick Sorin se tourne vers la vidéo. Il réalise des installations à caractère narratif (“ L'incident du bol renversé” 1993, “J'ai même gardé mes chaussons pour aller à la boulangerie” 1993, “Une vie bien remplie” 1994.) Parallèlement il crée des dispositifs-pièges où, au moyen de caméras cachées, il implique l'image même du spectateur dans des situations drôles et provocatrices. Ces dispositifs surprennent et mettent en question tantôt la peinture, tantôt les espaces de présentation de l'art, musées ou galeries. Avide de toucher un public plus large que celui de l'art contemporain, il réalise encore en 1994 quelques “autofilmages” pour la télévision française. C'est la série des “Pierrick et Jean-Loup” où, toujours en ne filmant que lui-même, il s'invente un double, son “frère” Jean-Loup avec lequel il commet quelques gags relevant autant du cinéma burlesque que de la critique sociale et culturelle. 

 

Dés 1995, il expérimente une autre piste en créant des petits spectacles pseudo-holographiques. Avec des moyens très rudimentaires, il fait évoluer des personnages filmés parmi des objet réels: maquette en volume d'une chambre , dans “L'Homme fatigué” (1997 ) , véritables douches en fonctionnement dans “La toilette du peintre” (2001). La magie visuelle s'ajoute au comique. Toujours par la pratique de l'autofilmage, Sorin exprime la profonde lassitude d'un être dont la vie semble n'être remplie que par l'accumulation d'actes manqués, par la répétition de gestes dérisoires et parfois pervers. Le caractère étonnant et séduisant de ces dispositifs magiques conduiront toutefois de grandes marques de l'industrie du luxe, telles que Cartier ou Chanel, à faire appel à l'artiste pour des créations destinées à accompagner le lancement de nouveaux produits.

 

En 2000, grâce au traitement numérique de l'image, Pierrick Sorin réalise “Nantes, projets d'Artistes”: un faux reportage montrant, avec toutes les apparences du sérieux, une série d'oeuvres créées pour des espaces publics extérieurs. Habilement déguisé, il joue le rôle de plusieurs “jeunes artistes européens”. Tous présentent des projets plus ou moins crédibles, que l'on voit inscrits dans la réalité de paysages urbains. Ici, la poésie côtoie, avec une certaine ambiguité, une critique des ambitions politiques dont l'art est le vecteur.

Ces expériences diverses sont traversées par des thèmes réccurents. En particulier par ce doute absolu sur la valeur des objets artistiques, sur celle de toute activité humaine. L'enfermement insoluble dans des problèmes existentiels et le repli sur soi qui conduit jusqu'au dédoublement de la personnalité, comptent aussi parmi les idées qui fondent son travail. Ce texte de présentation tend une fois de plus à le prouver car Sorin lui-même parle ici de lui à la troisième personne du singulier. Comme s'il était un autre, comme si de toute manière dire “je” ou faire appel à une voix extèrieure à soi-même n'avait guère d'intérêt et d'importance."

P. Sorin. Août 2000.

 

 

Accès aux vidéos en ligne :

www.pierricksorin.com/video.htm