Programme

Le programme de Cinéma-Audiovisuel en Seconde générale et technologique.

Programme d'arts en classe de seconde générale et technologique : Arts plastiques, Cinéma, Danse, Histoire des arts, Musique, Théâtre

Enseignement facultatif

Préambule général

Durant leur scolarité au collège, les élèves ont suivi un enseignement obligatoire en arts plastiques et en éducation musicale, éventuellement rencontré sous diverses formes le cinéma, le cirque, la danse et le théâtre, et acquis des connaissances et capacités relevant de la pratique des arts et de leur histoire. En classe de seconde, il leur est proposé de poursuivre ce parcours et d’affirmer leurs goûts, aptitudes et motivations pour faire des choix réfléchis en vue du cycle terminal.

Six domaines artistiques sont proposés aux élèves en enseignement facultatif : arts plastiques, cinéma-audiovisuel, danse, histoire des arts, musique, théâtre. Ils reposent chacun sur une interaction et un équilibre entre pratiques artistiques et étude des œuvres. Ils couvrent aussi bien les expressions artistiques contemporaines que les œuvres du patrimoine, que ce soit en Occident ou dans d’autres cultures. Ils garantissent l’apport de compétences relevant de la culture artistique générale.

Les enseignements facultatifs arts relèvent de la formation culturelle générale proposée au lycée. Au-delà des spécificités propres à chaque domaine de l'art, ils présentent des caractères communs et se fixent des objectifs sensiblement identiques. Ils mettent en jeu le corps, le sensoriel et le sensible et se structurent autour de deux composantes, l’une pratique, l’autre culturelle, qui sont le plus souvent imbriquées lors de la mise en œuvre pédagogique.

La pratique artistique prend des formes qui dépendent intimement de la spécificité des domaines artistiques enseignés comme des pédagogies mises en œuvre. Elle peut être individuelle ou collective, mais peut aussi se faire concrète et productrice d'objets issus de la rencontre directe avec les œuvres. De même, l'importance relative des aspects techniques et créatifs varie considérablement selon les disciplines, les moments de la formation, la personnalité et le niveau des élèves, etc. Entre moyen au service de la découverte de l’art et de ses langages et développement de compétences générales visant à maîtriser les exigences d’une expression personnelle, la pratique artistique occupe une place centrale et fondatrice.

La composante culturelle n'est pas moins importante. Elle se fonde essentiellement sur l’étude des œuvres et des mouvements, ainsi que sur des écrits d'artistes, des textes théoriques et des documents techniques. Elle se veut, le plus souvent possible, vivante, directe et sensible dans un premier temps, réflexive et "savante" ensuite. Elle s’intéresse aux patrimoines comme aux arts contemporains. Elle s'efforce de mettre en évidence les continuités, les transitions, les ruptures, les singularités. Elle offre aux élèves la possibilité d'acquérir connaissances et repères historiques, mais aussi méthodes d'analyse et de synthèse, esprit critique, aptitude à argumenter dans un débat d'idées, à communiquer en utilisant un langage clair, enrichi du vocabulaire spécifique adéquat.

Le partenariat joue un rôle important dans la mise en œuvre de certains enseignements artistiques. Il concerne plus particulièrement le ministère de la Culture et de la Communication et ses services (directions régionales des affaires culturelles, musées, etc.), mais également les collectivités territoriales, les associations spécialisées, ainsi que des professionnels à la compétence reconnue par les instances habilitées. Son statut, sa forme et son importance varient d'un enseignement à l'autre. C'est ainsi qu'il est institutionnalisé et obligatoire en cinéma-audiovisuel, danse et théâtre, qu'il se pratique sous de multiples formes s'appuyant sur les ressources humaines locales en histoire des arts, et qu'il est envisageable mais non obligatoire en arts plastiques et en musique. Les partenaires interviennent dans le respect des textes et procédures en vigueur. Ils participent pleinement à la formation des élèves dès la conception des projets pédagogiques, lors de leur mise en œuvre et au moment de l'évaluation. Ils apportent leur expérience professionnelle d'acteurs engagés dans les processus de création et de diffusion artistiques. Ils garantissent une relation forte entre le monde de l'École et celui de l'art.

Les technologies de l’information, de la création et de la communication pour l’éducation (TICCE) ouvrent des perspectives nouvelles pour les enseignements artistiques au lycée dès la classe de seconde. Les outils d’édition et de création spécifiques à chaque domaine (infographie, édition MIDI et audionumérique, banc de montage, etc.) permettent d’envisager des démarches exploratoires nouvelles visant la manipulation puis la maîtrise de processus complexes relatifs à la création artistique et à ses langages. Les outils de communication et d’information, notamment Internet, permettent d’accéder aisément aux œuvres et à la documentation qui les accompagne. Si ces vertus incontestables sont mobilisées au bénéfice des objectifs visés par chaque enseignement artistique, elles impliquent également de développer chez les élèves des compétences spécifiques relatives à la recherche critique sur Internet, à l’usage des grandes familles d’éditeurs ou encore à la connaissance du droit d’auteur.

Pour chaque enseignement artistique, le programme articule trois parties distinctes. La première définit la formation dispensée et ses objectifs, la seconde pose le programme à enseigner construit autour des compétences visées et des composantes pratiques et culturelles qui en alimentent le développement, la troisième traite de l’évaluation des acquis des élèves.

 

CINÉMA-AUDIOVISUEL

Définition et objectifs

L’enseignement du cinéma et de l’audiovisuel au lycée privilégie la dimension artistique de ces domaines. Il prend en compte leurs composantes patrimoniale et contemporaine, il est ouvert à l’ensemble des techniques de représentations animées et sonores, il accueille les formes et genres cinématographiques et audiovisuels les plus variés et les plus novateurs. Il met en évidence les références incontournables, les filiations entre les formes et entre les périodes. Il sensibilise à l’histoire de ces domaines en lien avec celle des autres arts. Il aborde les nouvelles créations artistiques liées à la diversification des écrans, les nouveaux modes de production et de diffusion et les questions de droits liés aux images et aux sons.

L’enseignement repose sur l’articulation entre pratique (réalisation de petites formes), théorie (approche du langage cinématographique et de l’analyse filmique) et culture (fréquentation des œuvres et initiation à l’histoire du cinéma en lien avec l’histoire des autres arts).

Il est conduit par une équipe pédagogique ayant reçu une formation en cinéma et audiovisuel (si possible validée par une certification complémentaire). Cette équipe travaille en partenariat étroit avec des structures culturelles (salles de cinéma notamment) et des intervenants professionnels (réalisateurs, scénaristes, monteurs, ingénieurs du son etc.) de proximité. Le croisement des approches et des compétences, la dimension partenariale, l’ouverture active sur le monde du cinéma et de l’audiovisuel sont constitutifs de cet enseignement. La rencontre avec des professionnels (réalisateurs, scénaristes, acteurs, techniciens, exploitants, etc.), la visite de lieux culturels (salle de cinéma et notamment cabine de projection, studio de tournage), la fréquentation des œuvres cinématographiques en salle sur grand écran et dans leur format originel sont essentielles.

De la seconde à la terminale, l’enseignement s’articule autour de dominantes annuelles qui forment un ensemble complet, progressif et cohérent : le plan fait l’objet d’une étude approfondie en seconde ; l’enseignement en série littéraire se centre sur l’écriture et la mise en scène en première, sur la mise en scène et le montage en terminale ; l’enseignement en option facultative aborde la représentation du réel et le point de vue en première, la fiction et le point de vue en terminale.

Programme

En seconde, l’enseignement du cinéma et de l’audiovisuel :

  • développe une pratique artistique, expressive et créative, expérimentale et technique – qu’elle soit individuelle ou collective ;

  • conduit à l’appropriation progressive d’une culture cinématographique et audiovisuelle par la découverte d’œuvres et de documents replacés dans leur contexte historique, technique, économique et esthétique.

La poursuite de ces objectifs peut se faire de façon simultanée, successive ou croisée, à l'initiative des équipes, en fonction de la situation pédagogique, des possibilités culturelles locales et de la spécificité des élèves. Quelle que soit la démarche adoptée, il s’agit de créer des situations qui permettent à l’élève de développer, par la pratique, la lecture et l’analyse des œuvres, des compétences artistiques et culturelles.

En fin de seconde, l’élève est capable :

  • de concevoir et fabriquer un plan ;

  • de l’inscrire, si possible, dans un ensemble cohérent, narratif ou non.

Il a participé pour cela à la réalisation d’une ou plusieurs « petites formes ».

Il a également acquis une maîtrise élémentaire des notions de langage cinématographique et audiovisuel. Il est capable :

  • d’analyser un plan, une séquence ; un plan ;

  • de repérer et comprendre la nature, la place et la fonction d’un plan à l’intérieur d’une ou plusieurs séquences ;

  • de resituer dans leur contexte historique et culturel les plans, œuvres et documents étudiés au cours de l’année ;

  • de repérer quelques grands moments de l’histoire du cinéma et de l’audiovisuel ;

  • d’élargir la contextualisation à quelques éléments de l’histoire des autres arts.

Dominante annuelle : le plan

L’enseignement traite de la question cinématographique et audiovisuelle en s’appuyant sur son principe constitutif essentiel, « le plan », lequel fédère les éléments fondateurs du langage des images et des sons (espace, durée, narration, traitement des personnages, de la lumière, de la matière sonore, etc.).

Le plan est analysé et pratiqué :

  • en tant qu’unité organique de l’écriture cinématographique et audiovisuelle, permettant à ce titre un travail simple et immédiat sur la composition de l’image, le mouvement, la durée, le son, la lumière, etc. ;

  • en tant que support de base de la narration cinématographique et audiovisuelle, notamment au travers des raccords et enchaînements de plans dont la construction donne sens à l’œuvre ;

  • en tant que reflet et trace culturels – chaque plan étant en lui-même révélateur d’un auteur, d’un état du cinéma, d’un genre, d’une technique, d’une époque, d’un lieu géographique.

La maîtrise, même élémentaire de la notion de plan, se construit en proposant aux élèves des démarches et des activités variées associant production, lecture et analyse critique de plans unitaires et de séries significatives de plans. La découverte des outils techniques (préalables à toute réalisation pratique) et des éléments d’une construction narrative, et l’appropriation progressive de notions élémentaires de langage s’inscrivent dans ces activités. Les élèves s’initient ainsi au maniement de la caméra, des outils d’éclairage et d’enregistrement sonore, à l’utilisation d’un matériel de montage élémentaire, etc. Ils s’exercent à l’écriture de synopsis, à la scénarisation d’une courte séquence, etc. En fin de seconde, l’élève est donc capable d’accéder à une maîtrise élémentaire des outils de production des images et des sons. Les activités proposées doivent lui donner une connaissance suffisante des conditions matérielles de la production audiovisuelle.

Pratique et culture artistiques

L’enseignement de cinéma-audiovisuel invite à toujours lier intimement pratique artistique et approche culturelle, à utiliser le langage spécifique des images et des sons, non comme une fin en soi mais comme un outil essentiel quel que soit l’angle d’approche adopté (culturel, analytique, social, historique, technique, esthétique, etc.).

La pratique artistique vise la production de plans unitaires ou liés produisant du sens. Elle se concrétise par des formes construites allant du court exercice au petit projet filmique complet, ou encore par une séquence tournée et montée prélevée au sein d'un scénario plus vaste. Ces exercices peuvent s’inspirer, entre autres, de bandes son et de photographies réalisées par les élèves. La production de plans unitaires indépendants les uns des autres permet d’aborder simplement les principales composantes d’un plan et la qualité de l’image et du son.

  • Principales composantes d‘un plan :
    • durée,
    • cadre (échelle des plans, profondeur de champ, etc.),
    • fixité ou mouvements de caméra (travelling, panoramique, caméra à l’épaule, zoom, etc.), o angle de prise de vue (plongée/contre-plongée, etc.),
    • rapport du temps et de l’espace : par exemple le plan séquence fixe ou mouvant.
  • Qualité de l’image (noir/blanc/ couleur, grain) et du son (direct, off, rapporté, etc.).

La production de plans liés entre eux par des éléments narratifs permet une première initiation au montage et à la réalisation à travers un travail sur :

  • le raccord (dans le mouvement, sur le regard, sur le son, etc.) ;

  • les effets de « ponctuation » (cut, fondu enchaîné, fondu au noir, etc.) ;

  • le montage et ses variations rythmiques (cut, alterné, chronologique, etc.).

L’approche culturelle s’appuie sur les centres d’intérêt et la sensibilité des élèves pour leur donner des repères sur les principales étapes de l’histoire du cinéma et de l’audiovisuel. Fondée sur la découverte et l’analyse des œuvres, l’acquisition d’un vocabulaire spécifique et la référence à quelques textes théoriques et critiques, elle propose un double regard sur le cinéma, de ses formes patrimoniales à l’émergence de formes plus contemporaines liées aux nouveaux outils (lettres de cinéma, cinéma à la première personne, etc.) La circulation des images aujourd’hui permet également de mettre en évidence la relecture des images numériques comme une nouvelle source de création (lecture, remixage, nouvelles pratiques du montage et de la citation). Ce travail est mené le plus souvent possible en se référant à la notion de plan, notamment à partir de quelques extraits emblématiques.

Il s’agit d’étudier :

  • quelques temps forts de l’histoire du cinéma (cinéma russe des années vingt, expressionnisme allemand, cinéma des studios hollywoodiens, néo-réalisme, nouvelle vague) ;

  • l’épanouissement de quelques genres cinématographiques et audiovisuels : fiction (western, fantastique, film noir, comédie musicale, etc.), cinéma du réel (documentaire, documentaire-fiction), cinéma d’animation ;

  • les principales étapes de l’évolution des techniques de tournage et de montage des origines à nos jours ;

  • l’émergence de nouvelles techniques de fabrication d’images et de son dans le cinéma documentaire ou de fiction et dans les productions audiovisuelles, considérées non seulement comme outils d’effets spéciaux mais aussi comme enjeux de formes artistiques en devenir (recours aux images et aux sons de synthèse, notamment dans le domaine de l’art vidéo et de l’animation, utilisation des petites caméras numériques) ;

  • les interactions entre courants majeurs de l'histoire du cinéma et nouveaux modes de production (néo- réalisme ou nouvelle vague), ou encore entre formes cinématographiques spécifiques et évolution des techniques (généralisation du parlant, son direct, passage au numérique), ceci afin de penser une histoire du cinéma en lien avec celles des techniques et de l'économie.

La réflexion sur le cinéma peut prendre appui sur des textes théoriques, des écrits d’artistes pour commencer à appréhender quelques grandes problématiques esthétiques. Dans le cadre de cette approche culturelle, l’équipe sensibilise les élèves au statut de l’art, des images et des sons dans la société contemporaine, à la production et au statut des nouvelles images, aux relations entre art et technique. L’ouverture aux autres domaines artistiques, aux ressources offertes par l’environnement culturel à travers les grandes manifestions (festivals, expositions, etc.) et les rencontres avec des professionnels sur leur lieu de travail constituent un enrichissement essentiel. La découverte comme l’approfondissement des questions abordées exigent d’opérer des choix simples et éclairés pour prendre en compte la diversité des élèves de seconde, leurs goûts, les ressources de l’établissement scolaire, de la structure partenaire et plus largement de l’actualité et de l’environnement culturels.

Ces compétences artistiques, culturelles, techniques, méthodologiques s’exercent et se développent conjointement dans le cadre de l’enseignement par l’articulation entre pratique artistique et approche culturelle du cinéma et de l’audiovisuel. Les connaissances, capacités et attitudes ainsi acquises sont également en grande partie transversales. Elles doivent permettre à l’élève d’explorer différentes pistes et de faire des choix réfléchis pour le cycle terminal.

En fin de seconde, l’élève est capable :

  • de travailler seul et en équipe ;

  • de participer au travail d’équipe dans un partage équitable et formateur des tâches et des outils ;

  • d’enrichir sa réflexion et sa pratique à partir du débat au sein du groupe ;

  • de présenter sa démarche, de défendre son point de vue dans une présentation argumentée ;

  • d’apprécier des choix et des esthétiques variés.

Évaluation des acquis des élèves

Plus formative que sommative, l’évaluation prend en compte l’ensemble des compétences attendues dans la pratique artistique et dans l’appropriation d’une culture cinématographique et audiovisuelle. Elle s’appuie sur des travaux personnels (écriture, recherche documentaire pour préparer l’étude des films projetés en salle, analyse filmique de quelques plans mettant en œuvre des notions acquises, etc.) et des travaux collectifs (analyse, exercice pratique de tournage et de montage, réalisation de petites formes : une bande son, un tourné-monté, un portrait, etc.).

Dans tous les cas, l’évaluation constitue un accompagnement personnalisé des élèves pour consolider leurs acquis, valoriser leurs capacités et contribuer à pallier leurs fragilités éventuelles. Elle est régulière et progressive, qu’il s’agisse de la nature des travaux demandés, de leur complexité ou du degré de maîtrise des différentes compétences attendues.

Fondée sur des critères explicites, elle permet à chaque élève d’apprendre à s’évaluer, de prendre conscience du chemin parcouru et des objectifs à atteindre. En fin de seconde, chacun peut ainsi faire le point sur ses acquis, ses motivations, ses projets et se déterminer quant à la suite de son cursus. La tenue d’un carnet de bord, qui prendra une forme plus élaborée en terminale, permet de garder trace des expériences, des connaissances, des questionnements et favorise ce retour réflexif.

L’évaluation croise les regards et les compétences des professeurs et des professionnels intervenants qui forment ensemble l’équipe pédagogique. Elle permet enfin à l’équipe de dresser le bilan global de l’enseignement proposé au cours de l’année et d’en évaluer les résultats.

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