Synthèse de l'enquête en académie

Organisation de l'enquête
L'enquête a été réalisée par les membres du groupe de travail " Référentiel TIC en Économie et gestion " selon l'organisation suivante :
Problématique de l'enquête
Valider les premiers éléments de l'actuel référentiel TIC-STG en intégrant l'avis des utilisateurs finaux.
Population cible
Elle est représentative du champ des responsabilités pédagogiques et d'assistance exercées dans l'usage des TIC :
- professeurs d' Économie  et gestion des lycées professionnels et technologiques ;
- coordonnateurs tertiaires des lycées ;
- formateurs ;
- chefs de travaux ;
- inspecteurs (IEN et IA-IPR).
Modalités de recueil des avis
L'enquête a été menée au sein des académies par les contributeurs du groupe de travail selon des modalités d'administration adaptées aux contextes locaux, de novembre 2005 à février 2006. Le recours à une trame de questionnaire élaborée en commun par le groupe de travail a permis l'agrégation des résultats et leur traitement. Les réponses ont été pondérées relativement au nombre d'enseignants ayant formulé un avis.
Usages et scénarios
Les usages des TIC sont présentés au travers de scénarios dont l'utilité est très majoritairement reconnue. Les avantages du recours aux TIC sont nombreux mais ne peuvent masquer des appréhensions et demandes fortes.
Les apports des scénarios
Les scénarios répondent à un besoin exprimé d'usage des outils collaboratifs et des espaces numériques de travail (ENT) pour les apprentissages proches du fonctionnement constaté au sein des organisations. En ce sens ils constituent un encouragement à organiser ses activités et à travailler en équipe.

Ces usages sont de nature à motiver l'élève qui devient acteur de sa formation, développe son autonomie et le sens de la responsabilité.
La mobilisation des TIC pendant les activités d'apprentissage permet d'approfondir les notions, d'acquérir de la rigueur et de mettre en valeur la qualité des productions écrites.
Sur le plan des objectifs poursuivis, l'adhésion ne fait aucun doute.
Les limites des scénarios
La plupart des scénarios sont considérés comme utopiques. Le premier fait l'objet d'un rejet unanime : trop d'outils, recours systématiques aux TIC, échanges entre établissements, travail le dimanche soir...
La crainte est plusieurs fois formulée de voir la phase de réflexion esquivée. Les professeurs interrogés regrettent aussi la maîtrise présupposée des outils bureautiques dont l'apprentissage par les élèves n'apparaît pas dans les scénarios. Cette remarque concerne également les enseignants : la formation est au cœur de leurs préoccupations et systématiquement évoquée.

La question des moyens est également centrale et exprimée de deux points de vue :
- celui de l'établissement : la présence effective d'un administrateur, la disponibilité des matériels, du réseau et de vidéo-projecteurs sont cités régulièrement ;
- celui de l'élève : la crainte est exprimée de voir les TIC accentuer les différences sociales car les élèves n'ont pas tous accès aux outils TIC à leur domicile.

Les professeurs attendent des usages simples rapportés aux programmes.

En conclusion, il convient de dégager de nouvelles pistes d'écriture :
- Le référentiel des solutions TICE doit présenter des usages réels des TIC en classe.
- Ces usages et scénarios doivent inclure une dimension de réflexion par l'élève.
- Les scénarios doivent s'inscrire dans un apprentissage progressif des outils TIC (bâtir des scénarios selon des niveaux de difficulté et d'équipement différents pour tenir compte de l'hétérogénéité des établissements).
- Rédiger un nombre suffisant de scénarios, de nature à couvrir les enseignements du tronc commun et des spécialités des années de première et terminale, pour impliquer un grand nombre de professeurs qui s'identifieront mieux aux contextes d'usages. Cet effort pourrait constituer une référence pour les professeurs d'Économie.
Solutions
Les espaces numériques de travail et les outils collaboratifs
De façon globale, les ENT sont bien perçus. Parfois même les services génériques offerts sont largement mis en œuvre. Ces services rationalisent et facilitent les échanges entre élèves et professeurs. Ils induisent également une réflexion sur de nouveaux modes d'enseignement tant au niveau des supports de cours que sur celui de l'utilisation de nouveaux médias de communication.

Les outils et les technologies satellites (Webcam, Tableau Numérique Interactif...) semblent difficiles à mettre en œuvre, à maintenir et à exploiter de façon optimale au quotidien.
L'accent est mis sur cette crainte et sur le fait de bien prendre en compte l'aspect humain. Les utilisateurs n'ayant pas les compétences requises pour assurer un bon usage des technologies durant leurs séquences de cours pourraient s'en détourner.
La formation des enseignants s'avère indispensable et doit être graduée en fonction de leur niveau initial.

L'accès aux ressources TIC depuis le domicile peut constituer un facteur aggravant du fossé numérique :
- certains élèves n'ont pas d'équipement adéquat ni d'accès à l'Internet ;
- les infrastructures réseau des établissements sont très inégales.
L'atelier logiciel d'expérimentation (ALE)
L'atelier logiciel d'expérimentation est apparu comme un outil de travail adapté aux exigences du programme et au fait que les élèves sont amenés à intervenir sur les configurations des systèmes et des services au cours d'activités de simulation de situations rencontrées dans les organisations. C'est une solution bien accueillie.

Cette partie du référentiel TICE révèle cependant des appréhensions : les professeurs demandent une grande disponibilité de l'administrateur du réseau. Ils soulignent la nécessité d'être formés et de disposer d'outils de gestion de cet atelier (maintenance des postes et du (des) serveur(s)). Un accent particulier doit être apporté au périmètre d'intervention de l'enseignant sur l'ALE.

Un outil de conduite de classe est également perçu comme nécessaire.
Enfin, des exemples contextualisés sont attendus, à l'image des scénarios d'usage.
Animation TICE et administration des ressources

La réforme STG implique une demande accrue de services TIC qui rend impérative la consolidation des parcs et systèmes d'information des établissements. Le manque de connaissances techniques est un frein manifesté par les professeurs.

Les attentes des enseignants portent sur l'administration des ressources. Sur le plan de la maintenance des équipements et des systèmes les constats sont parfois préoccupants.

L'attente des enseignants est très forte sur ce volet du référentiel TIC (incluant la maintenance préventive), et semble un des principes actifs à la levée de blocages vis à vis des TIC.
L'assistance d'un administrateur de réseau disponible au sein du lycée est très souvent citée.

Dans de nombreux établissements les chefs de travaux ou les coordonnateurs tertiaires jouent le double rôle de gestionnaire des ressources et d'animateur TIC.
L'accompagnement des enseignants dans le changement de leurs pratiques est également une préoccupation fréquemment relevée.
Le point de vue des enseignants de la voie professionnelle
Les scénarios sont jugés intéressants même si certains d'entre eux ne semblent pas adaptés aux pratiques actuelles dans lesquelles le logiciel est appréhendé comme un outil.

Les professeurs ne perçoivent pas l'utilité d'un atelier logiciel d'expérimentation dans la mise en œuvre des programmes en cours qui ne prévoient pas que les élèves interviennent sur la configuration des systèmes.

Il semble cependant que les pratiques devront évoluer avec la réforme des baccalauréats professionnels et des BEP. D'ores et déjà, on peut imaginer que les outils génériques de l'ENT (messagerie, agenda partagé...) seront utilisés dans la spécialité secrétariat.