Conférence de clôture

Jacque Saraf, Doyen de l'IGEN

Le baccalauréat STG, une nouvelle dynamique

La série STT a trouvé et prouvé son positionnement dans le système éducatif.

La série STG doit jouer son rôle qui consiste à conduire, après une poursuite d'études supérieures à bac + 2 et au-delà à la qualification professionnelle principalement dans les domaines de la gestion, la communication, les TIC.

Cette nécessité s'exprime aujourd'hui clairement dans le contexte économique et social français et dans son insertion dans les objectifs européens.

Nous sommes donc invités à assurer plus volontairement et plus efficacement cette mission de préparation à la poursuite d'études. Il s'agit là de l'enjeu fondamental, conforté par l'affirmation de la reconnaissance d'une égale dignité aux différentes voies de formation : technologique, générale et professionnelle. Si la République s'affirme notamment dans l'égalité, l'école de la République se reconnaît dans l'égale dignité des voies de formation qu'elle propose à ses enfants.

Il n'en reste pas moins que la difficulté extrême à mesurer en termes d'échec ou de réussite les parcours des élèves dans le système de formation nous porte ici à agir avec une fermeté et une détermination particulières pour conduire à bien cette action et atteindre nos objectifs.

Certaines réponses appartiennent à l'institution.

Au niveau national, par la définition des structures, des programmes et des contenus, du projet éducatif. C'est le cadre qui va permettre à tous les élèves de vivre et de construire positivement leur réussite scolaire, leur parcours et plus tard leur insertion professionnelle.

Au niveau de l'établissement, par la prise en compte de ces objectifs dans un investissement spécifique au niveau du volet tertiaire du projet d'établissement, mais aussi et surtout par les décisions d'orientation et la nécessaire loyauté dans la prise en charge des élèves qui doit éclairer cette orientation.

On perçoit ici toute la marge de progrès qu'il est possible d'utiliser encore pour créer des parcours de réussite qui ne soient pas des exceptions que l'on cite comme des alibis.

Une bonne part de ces progrès tient à l'image de notre série et aux représentations qu'en ont les différents acteurs de l'orientation. Notre conviction est que de cette image dépend la reconnaissance de la dignité de cet enseignement. Cela nous conduit dans la classe.

Arrêtons-nous un moment dans ce lieu essentiel sans lequel rien ne serait : la classe, les élèves et le professeur.

En vous observant réagir à nos nouveaux contenus, au cours de ces trois jours dans les différents ateliers, on perçoit immédiatement tout l'engagement de nos enseignants, leur intérêt et leur enthousiasme à porter nos disciplines. Des contenus nouveaux, attractifs car en phase avec les évolutions sociales, économiques, professionnelles de la société française auxquelles ils renvoient, et motivants car s'appuyant sur les services de l'action et leur rapport au réel concret, au réel "qui résiste". Elles constituent aujourd'hui des disciplines vivantes.

Depuis quelques années, nous avons, inspecteurs généraux et inspecteurs pédagogiques régionaux, fait en sorte que nos disciplines vivent, respirent, évoluent au rythme de la société dont elles sont le reflet.

C'est le sens de l'action que nous menons au niveau national par l'organisation de séminaires, colloques, conventions et animation de réseaux de ressources dans tous les domaines.

C'est sur cette dimension palpable que nos professeurs doivent s'appuyer maintenant pour que nos disciplines vivent dans les classes.

C'est, à chaque instant, à chaque heure de cours, que le professeur doit mettre l'accent sur la richesse concrète de nos contenus, de leur rapport à la vie réelle. C'est ainsi que se développe la motivation de l'élève qui doit y percevoir le sens de nos enseignements, qui, au-delà de la logique interne des disciplines, renvoie à la projection que l'élève fait de lui dans sont propre futur au travers des acquisitions qu'il réalise grâce à vous.

Cette motivation, cette attractivité, le sens de nos apprentissages, sont les fondements sur lesquels se construit la dignité de nos enseignements et de nos élèves, c'est notre identité. C'est à partir de cette dignité que se construit et se développe notre image. C'est par ce moyen que la dignité de nos formations est retrouvée.

Nos enseignements sont riches de cette dimension. Nous sommes tous les artisans de la construction de l'image de notre enseignement. Il est vain de croire que par l'incantation ou en rejetant la responsabilité sur les autres (séries, orientation, collège …) notre image évoluera.

Nous devons pour cela montrer notre conviction. Nous devons inlassablement porter le message de nos réussites :

  • auprès des collègues de l'enseignement général,
  • auprès des équipes éducatives et administratives,
  • auprès des prescripteurs de poursuite d'études et des responsables des formations supérieures,
  • mais surtout auprès des parents et des élèves.


À nous de projeter nos élèves dans leur futur, de leur montrer la qualité de nos formations, en BTS comme en classe préparatoire où leur réussite est patente.

Nos élèves n'ont pas, à l'issue du bac, les mêmes connaissances qu'un élève de série S. Les élèves de S n'ont pas les mêmes connaissances que les nôtres. A chacun son identité et sa culture.

La notre est vivante. Si elle est moins profonde dans certains domaines, elle est certainement bien plus riche dans la compréhension du monde dans lequel nous vivons et dans son organisation sociale.

A la manière de Vauvenargues, je voudrais pour conclure vous proposer cette formule : « Nous ne jugeons pas les élèves sur ce qu'ils ignorent mais sur ce qu'ils savent et comment ils s'en servent ».

Voilà le défi que nous devons relever ensemble maintenant et auquel je vous convie.

Ça commence maintenant.