Quel projet éducatif pour la série STG ?

Synthèse de la conférence de Jacques Saraf, doyen de l'IGEN Économie-gestion

Notre stratégie est de conduire les élèves vers la réussite dans l'enseignement supérieur.

Quelques constats

Un million d'élèves ont été accueillis depuis 1993 dont 850 000 ont réussi le baccalauréat. Ces résultats montrent l'élévation du niveau de formation des élèves.

  • Depuis la fin des années 1990, le nombre d'élèves intégrant les sections de techniciens supérieurs tend à régresser.
  • Le taux de réussite en STS est stable.
  • Le nombre d'élèves accueillis à l'IUT est faible.
  • On assiste à la montée en puissance des baccalauréats professionnels.

Ces deniers éléments expliquent la nécessité de repositionner la voie technologique qui doit donner aux élèves des atouts pour réussir dans l'enseignement supérieur (atouts en termes de connaissances et de méthodologie).

Les baccalauréats STG n'ont pas de finalité professionnelle contrairement aux baccalauréats professionnels : aucun stage en entreprise, aucune délégation de la formation à l'entreprise ne sont proposées. Le baccalauréat STG ne peut pas être délivré par la voie de l'apprentissage.

Au niveau européen, l'objectif est l'obtention du bac par 85 % des jeunes de 22 ans, la réduction du nombre de jeunes qui sortent du système éducatif sans diplôme et la poursuite d'études au niveau licence par 50 % des étudiants. On a besoin de plus de diplômés de niveau bac + 2 et de niveau bac + 3.

L'enjeu de la compétitivité mondiale passe par le système éducatif

En matière d'emploi, selon les prévisions de la DARES, 3 millions d'emplois seront créés entre 2003 et 2010 dans des métiers très qualifiés dans le secteur tertiaire (qui progresse globalement de 18 %) en particulier en informatique de gestion (+ 55  %), en communication (+ 48 %), dans le domaine de la recherche, etc. Ces tendances sont positives pour notre secteur de formation. Comme les métiers deviennent très qualifiés, le niveau bac + 2 s'impose et les élèves n'ont pas d'autre alternative que la réussite dans l'enseignement supérieur.

Comment repositionner la voie technologique pour atteindre cet objectif ?
 

Le principe de continuité a été retenu : les quatre spécialités, l'économie et le droit sont maintenus mais en intégrant des évolutions notamment en informatique, en communication et en gestion des ressources humaines. Il en est de même au niveau pédagogique. L'enseignement de l'informatique sera dispensé dans un environnement réseau à tous les élèves de 1ère avec un même socle de connaissances. Le modèle relationnel est privilégié. La communication et la gestion des ressources humaines seront enseignées dès la classe de 1ère.

Les disciplines de l'Économie-gestion sont des disciplines structurées autour de concepts et comme pour toute discipline se pose la question de la vérité scientifique, notamment en économie et en communication. La référence universitaire doit toujours être présente.

Pour faciliter la réussite dans l'enseignement supérieur, la principale innovation est la création d'une nouvelle discipline, le management, différent de l'économie d'entreprise telle qu'elle est enseignée actuellement en 1ère et terminale ou en DECF. C'est un enseignement pratique : l'enseignant est doté de modèles théoriques mais il ne doit pas les fournir à l'élève. L'objectif de cet enseignement, c'est de donner une représentation construite et structurée des organisations. Le champ d'analyse est l'ensemble des organisations marchandes ou non marchandes car les emplois sont partout et les méthodes de management sont souvent analogues même si les objectifs des organisations sont différents. L'ambition de cet enseignement doit cependant rester raisonnable tant en raison du volume horaire qui lui est attribué (1h + 1h) que pour laisser aux élèves le temps de l'observation.

Ce qui est apprécié dans l'enseignement supérieur, c'est la capacité des étudiants à travailler (notamment celle de fournir un travail personnel), à prendre des notes, à être autonome dans la recherche documentaire. La réforme de la voie technologique doit prendre en compte ces exigences afin d'assurer la réussite des élèves issus de la série STG dans l'enseignement supérieur.

Pour conclure, en ce qui concerne l'évaluation des connaissances au baccalauréat, l'inspection générale a fait des propositions, actuellement en cours de validation. Les modalités de cette évaluation confirmeront les objectifs de la réforme.