Informatique et système d’information : contribution à l’offre de formation de l’économie et gestion

L’enseignement des concepts, méthodes, technologies et outils mobilisés pour l’automatisation de l’acquisition, du traitement, du stockage et de la diffusion des informations, dans le cadre des activités de services, a évolué au cours de ces dernières décennies, tant en résonance à l’évolution technologique qu’en positionnement didactique.


La mise en place du nouveau BTS Services informatiques aux organisations est l’occasion de revenir sur l’offre de formation spécialisée en informatique et système d’information dans notre discipline (1).


Des BTS spécifiques permettent à l’informatique de prendre sa place parmi les enseignements d’économie et gestion


Du BTS de Mécanographe au BTS Informatique de gestion : une adaptation de l’offre et des contenus en phase avec l’évolution des métiers et des technologies.


Entre 1962, date de création du BTS de Mécanographe, et 2011, date de mise en place du BTS Services informatiques aux organisations, cinq diplômes de techniciens supérieurs se sont succédés : BTS Traitement de l’information (milieu des années 60), BTS Gestion et exploitation des centres informatiques (1973), BTS Services informatiques (1981), BTS Informatique de Gestion (1987, rénové en 1997).


Si on analyse les contenus de formation de ces BTS informatique, on voit que l’enseignement d’informatique de gestion a évolué non seulement pour prendre en compte l’évolution technologique mais aussi pour viser d’autres métiers que ceux traditionnellement dévolus à l’informatique de gestion, à savoir le développement d’applications (appelé antérieurement analyse-programmation). Ce constat est visible, notamment en 1973 avec la volonté de former aux fonctions de gestion et d’exploitation de centre informatiques (pour ne pas concurrencer le tout jeune DUT informatique), en 1981 avec la spécialisation de commercialisation de produits informatiques et, en 1997, avec l’option « administrateur de réseaux locaux d’entreprises ». Au fil du temps, on s’aperçoit que la programmation est restée un invariant des enseignements tandis que l’étude technologique des équipements a eu un statut varié suivant les différentes époques, tout comme les activités liées à la formalisation du système d’information (ce qui est classiquement appelé l’analyse).


Aujourd’hui le BTS services informatiques aux organisations : un nouveau besoin d’adaptation


À la rentrée 2011, le BTS Services informatiques aux organisations succèdera au BTS Informatique de gestion. Cette rénovation prend en compte l’évolution des besoins professionnels et ce nouveau BTS met en avant la démarche de service, à savoir la mise à disposition de solutions techniques en réponse à un besoin métier de l’organisation. Ceci implique la prise en compte des besoins de l’utilisateur depuis l’expression des exigences jusqu’à l’accompagnement dans la prise en main et l’exploitation de la solution dans une interaction constante.


Cette nouvelle formation offre deux parcours, à savoir « solutions d'infrastructure, systèmes et réseaux » et « solutions logicielles et applications métiers » dans le cadre desquels les étudiants sont préparés à participer à des activités de production et fourniture de solutions respectivement d’infrastructure et logicielles. Le choix du parcours s’effectue à la fin du premier semestre de formation.


De nouvelles modalités pédagogiques ont été introduites dans cette formation :

  • Un horaire de projets personnalisés encadrés permet aux étudiants de travailler en mode projet, dans le cadre d’activités de production et de fourniture de services, et de développer des attitudes professionnelles de communication, de veille technologique et d’auto formation, encadrés par des membres de l’équipe pédagogique ;
  • L’acquisition de la professionnalité est tracée dans un portefeuille de compétences (2) que l’étudiant renseigne tout le long de sa formation et qui servira de support à l’une des épreuves d’examen.

Les enseignements dits « généraux » sont alignés sur la préparation au métier. Notamment l’enseignement d’analyse économique, managériale et juridique des services informatiques qui contribue directement à l’acquisition des compétences professionnelles visées par le diplôme. L’enseignement de mathématiques contient une unité d’algorithmique appliquée qui permet de mobiliser les concepts algorithmiques pour résoudre des problèmes mathématiques à l’aide de la programmation.
De nouvelles modalités de certification ont été introduites à savoir l’introduction du contrôle en cours de formation et le recours plus important à l’outil informatique dans certaines épreuves, notamment en enseignement général. Ainsi une sous-épreuve d’expression et communication en langue anglaise prendra appui sur des productions numériques.


Le contrôle en cours de formation (3) est prévu pour plusieurs épreuves :

  • une sous-épreuve d’algorithme appliquée qui se déroulera en fin de première année sur poste informatique ;
  • une épreuve de conception et maintenance de solutions informatiques prendra appui sur les équipements informatiques manipulés par le candidat à partir d’une situation professionnelle qu’il aura vécue au cours de sa formation. Les deux situations professionnelles que le candidat présentera pour l’épreuve (dont une sera choisie par le jury pour l’évaluation) obéiront à des contraintes fixées par un cahier des charges national ;
  • une épreuve dite « parcours de professionnalisation » permettra d’apprécier la qualité de l’analyse du candidat sur son parcours de formation, en s’appuyant sur son portefeuille de compétences.

La mise en place de cette nouvelle formation est d’importance pour garantir la qualification de techniciens supérieurs en informatique et attirer dans ce secteur plus de jeunes filles.


Dans l’enseignement secondaire, l’informatique devient une dimension de l’étude des systèmes d’information


Du bac H au bac STG Gestion des systèmes d’information, une évolution de l’offre et des conte-nus : de l’informatique vers l’étude des systèmes d’information


Entre 1969, date de création du bac H et la mise en place en 2006 de la terminale STG Gestion des systèmes d’information, le positionnement scientifique et technique de l’informatique dans l’enseignement secondaire tertiaire a été bouleversé.


Le baccalauréat de technicien « informatique » (bac H) est crée en 1969 pour répondre aux besoins des organisations qui avaient besoin de personnels moins qualifiés que des techniciens supérieurs pour des tâches de programmation. Un enseignement scientifique, de mathématiques et de physique, côtoie les enseignements spécifiques de technologies des matériels, programmation et analyse. Ce baccalauréat sera transformé en 1973 en baccalauréat de technicien « techniques informatiques ». À la fin des années 70, une formation de niveau baccalauréat en informatique est considérée comme inadéquate au marché de l’emploi. Cependant en 1981, la baccalauréat H est rénové, et prend une orientation tournée vers l’étude des microprocesseurs tant au ni-veau de la technologie que de la programmation.


La préparation au baccalauréat H disparaîtra avec la création des spécialités de la série Sciences et technologies tertiaires en 1994. La spécialité Informatique et gestion en terminale STT est en totale rupture avec le baccalauréat H notamment parce qu’elle n’est pas définie par une finalité professionnelle. Cet enseignement associe les méthodes et outils de l’informatique dans le cadre de référence de la gestion ; il allie des contenus de gestion, de conception d’applications informatiques et de mise en oeuvre de solutions informatiques.


L’enseignement d’Informatique de gestion et de communication, introduit en classe de seconde en 2000, promeut un enseignement des technologies de l’information et de la communication par la conduite de projets, qui met l’élève dans une démarche d’apprentissage au sein de ses pairs.


L’installation de la série Sciences et technologies de la gestion en 2005 permet d’afficher des enseignements de systèmes d’information ainsi que de communication et réseaux informatiques dès la classe de première. Dans l’enseignement d’information et gestion, l’approche des systèmes d’information se fait au niveau organisationnel par la représentation des flux d’information échangés lors des activités menées dans les organisations mais aussi au niveau technologique par l’étude et l’usage des bases de données relationnelles et une initiation à la programmation par le recours à la logique algorithmique. L’enseignement d’information et communication permet d’aborder des éléments technologiques liés aux réseaux informatiques et aux services de communication.


La spécialité Gestion des systèmes d’information en terminale STG permet aux élèves d’appréhender le fonctionne-ment des organisations à travers l’étude de systèmes d’information, dans l’interaction des composants organisationnel, humain et technologique liés à la manipulation de l’information dans (et par) les organisations. Par une pédagogie originale d’étude de contexte, décrivant le système d’information d’une organisation et ses besoins d’évolution, l’élève découvre la contribution du système d’information au fonctionnement d’une organisation et acquiert des savoirs et savoir-faire, notamment dans le domaine de la gestion de projets et de l’informatique. Ainsi si le mot « informatique » a disparu de l’appellation de la spécialité, des contenus scientifiques et techniques liés au traitement automatisé de l’information sont cependant enseignés.


Demain, la série « sciences et technologies du management et de la gestion » : un pas de plus dans l’intégration d’une culture des systèmes d’information


Dans le cadre de la réforme du lycée, la série STG se « met à l’heure », en adaptant la maquette et en ajustant les contenus des programmes dans ce qui va devenir la série « sciences et technologies du management et de la gestion ». Cette nouvelle série offrira une seule classe de première avec un enseignement nouveau de sciences de gestion où la place transversale de l’informatique et des systèmes d’information n’occultera pas la spécificité de la spécialité en terminale. Celle-ci, sous la dénomination « Système d’information de gestion », succède à « Gestion des systèmes d’information » traduisant le recentrage sur l’objet, à savoir le système d’information mobilisé pour le fonctionne-ment et le pilotage des activités de production et de gestion dans les organisations.


En conclusion


L’essor et la qualité de la recherche en système d’information au sein des sciences de gestion ont permis de faire évoluer l’enseignement d’informatique et de système d’information en Économie et gestion en alignant l’enseignement des concepts, méthodes, technologies et outils sur les visées de chacune des formations, professionnelle ou technologique. Le BTS Services informatiques aux organisations demeure un diplôme où les méthodes et techniques informatiques sont au coeur des apprentissages tandis que dans l’enseignement secondaire, les dimensions organisationnelles, humaines et technologiques des systèmes d’information sont étudiées pour comprendre les apports des systèmes d’infomation au fonctionnement et au pilotage des organisations.


Notes
(1) « La constitution de l’informatique de gestion comme discipline scolaire » EcoGest@actu n° 16 - mars 2003
(2) (3) « Économie et Management » n° 140, juin 2011.

Christine Gaubert - Macon
IA- IPR, Académie de Créteil