ATTENTION : ces archives ne sont plus tenues à jour, des liens peuvent être brisés.

Intervention de JP Volzenlogel lors du rassemblement national de Rouen en novembre 2006

CR JEAN PIERRE VOLZENLOGEL

POCKET PC

Des ressources et des idées pour les enseignants d' EPS et les formateurs TICE

 

Introduction

L'expérimentation issue de la création de la commission PDA arrive à terme. En tant que membre de cette commission depuis sa création, il me semble opportun de faire un bilan de l'activité passée, d'en tirer des enseignements et de projeter des axes pour les poursuites des actions engagées.

I - Rappels et contextualisation

La mise en exergue par François GABEL du potentiel de l'outil informatique mobile appelé PDA ou selon les OS "Palm" ou "Pocket PC" date du séminaire annuel de MONTPELLIER en 2003. Ainsi est née la commission PDA.

Très rapidement, j'ai ressenti la nécessité de création d'outils de terrain. Le PDA, en lui même, n'est qu'une machine qui, avec sa dotation initiale de logiciels, ne s'inscrit pas vraiment dans le cadre de notre activité professionnelle.
Si l'on veut que des outils TICE soient utilisés sur le terrain, il faut qu'ils soient :

- nomades, facilement transportables et utilisables : le PDA répond particulièrement bien à ces prérequis
- qu'ils servent REGULIEREMENT pour qu'ils fassent partie de l'"habitus" professionnel en quelque sorte.

Tout était à faire.

Des collègues du groupe ont choisi de proposer des ressources en s'appuyant sur le visual basic. Il faut maitriser le visual Basic.
D'autres se sont mis à utiliser Windev, un atelier de génie logiciel pour proposer des outils dédiés. Les résultats étaient probants et très opérationnels. Il faut maitriser Windev.
Je ne maitrisais à l'époque ni l'un ni l'autre.
En 2004, François Gabel a utilisé le tableur shareware SPREAD, disponible en téléchargement sur le site de son auteur Stephen Bye, qui dépassait largement les capacités du logiciel Pocket Excel que nous avions trouvé pauvre et peu adapté. SPREAD existait aussi bien sur PC que sur PDA et avait l'énorme avantage de proposer un langage de macros assez simple et de surcroit connu : celui d'excel dans sa version XLS4.
Etant un bon utilisateur de tableur, j'ai pu rapidement produire mes premières feuilles de calcul pour PDA.
Les PDA ont en effet une ergonomie différente des PC liée au mode de saisie à l'aide du stylet et à la taille de l'écran.
Très rapidement j'ai tiré de ces productions des règles qui ont permis un certain succès et donc une diffusion plus importante de ces outils.

Je ne me suis intéressé essentiellement au domaine du calcul et de la gestion des bases élèves, ce qu'un tableur sait très bien faire.
J'ai très peu abordé les domaines de l'image, de la vidéo, sauf pour créer des tutoriels sous forme de diaporamas ou de vidéos permettant de s'approprier les outils créés pour tableur.

Devant les limites liées à la vitesse de saisie (chronométrages), j'ai du m'approprier les rudiments de la programation sous windev, grâce à l'aide d'un membre du groupe PDA, Fabrice Bruchon. Permettant ainsi de transposer des outils qui étaient ingérables sur le terrain vers des outils plus "fermés" (ne permettant pas la une adaptation personnelle), mais plus beaux, plus rapides et plus pros !

II - Des faits

Etant webmestre du site EPS de l'académie de la Réunion, j'ai mis mes productions pour PDA dans la rubrique téléchargements du site 2 .

 

La fréquentation de cette partie du site est allée croissante puisque, depuis la permière feuille de calcul publiée, 10000 teléchargements attestent de l'intérêt de la communauté des possesseurs de PDA, curieux de solutions TICE efficaces pour des tâches que nous rencontrons tous de manière plus ou moins répétées.

 

III -  Des principes issus de l'expérience

1. Le PC a un clavier Le PDA a un stylet ...
De ce constat on peut en déduire très simplement que le mode de saisie privilégié du PDA doit être de type "sélection au stylet. "
Se pose la question, surtout pour le programmeur : quoi sélectionner ou quoi faire sélectionner ?

  • Ecrire au stylet sur un clavier virtuel est une gageure, surtout dans le temps de l'interaction avec la classe : trop long, trop coûteux en attention de la part de l'enseignant, trop imprécis (les touches sont petites et très denses), trop lent (une erreur de sélection fait perdre un temps énorme pour effacer, recommencer ...)
  • Il faut donc qu'il y ait des "endroits" où, lorsqu'on les sélectionne au stylet (un peu comme un click de souris sur PC), cela provoque une action : changement de page, affichage d'une image, d'un résultat etc...Cela permet d'être efficace, surtout si des actions multiples peuvent s'enchaîner, et cela à la suite d'une simple 'touche" du stylet sur l'écran tactile ...
    Ces endroits peuvent être des menus, des liens hypertextes, mais aussi des boutons, des reglettes, des cases à cocher etc...

2. Une interface boutonneuse

Le PDA lui n'a qu'une surface d'affichage de 3"7 dans le meilleur des cas avec une résolution maximum de 640X480...Ce qui nécessite de choisir judicieusement les composants d'une fenêtre et dans le cas d'une feuille complexe et riche, le fonctionnement d'un ensemble de fenêtres avec des moyens simples pour passer d'une vue à une autre.
De ce fait, dans le cas d'un classeur de tableur, des boutons ou des onglets sont nécessaires. Dans le cas d'un PDA, les onglets sont très peu visibles en raison de la largeur de l'écran et seuls des boutons permettent une action directe. De plus il est souhaitable de récupérer la place des en-têtes en les supprimant systématiquement.

J'en suis donc arrivé à la conclusion qu'une feuille de calcul pour PDA, pour être efficace, devait avoir une ergonomie telle qu'il suffit de toucher l'écran en des endroits bien délimités et suffisamment visibles (surtout en extérieur !) pour que toutes les actions nécessaires se réalisent. J'ai appelé cela "click and do", le click se faisant au stylet.

Pour matérialiser les endroits à cliquer, le tableur SPREAD met à disposition un ensemble "d'outils de contrôle" (selon la terminologie Excel), allant du bouton, à la liste déroulante ou toupie ...

Ainsi selon les besoins, pour déclencher l'action il suffit de cliquer sur un objet placé là à cette intention.

Voici un exemple de feuille de classeur SPREAD dans laquelle des occupent pratiquement toute la page et permettent par trois clicks au stylet, d'organiser un tournoi avec un nombre d'équipes allant de 3 à 8 et un nombre de terrains allant de 1 à 3.

Le click sur le bouton OK renvoie au résultat recherché.
Si on saisit au clavier virtuel l'heure de départ et de fin de séance, la durée de jeu par rencontre est calculé automatiquement. Ainsi l'heure de début et de fin de chaque rencontre s'affichera en face de celles-ci.

3. des macro commandes

 

Pour qu'une action s'effectue en cliquant sur un bouton, comme ci dessus, il faut lier une macro commande à ce bouton.

Il faut par conséquent utiliser les macrocommandes type XL4 de SPREAD

J'ai réalisé un tutoriel pour permettre à quelques enseignants déjà initié à Excel, de pouvoir assez rapidement créer des outils pour PDA sous Spread !
Il est disponible sur le site 2 dans la rubrique téléchargement/ sommaire

Note et rappel : Excel pour pocket ne permet ni boutons ni macros.

SPREAD offre un nombre assez important de fonctions macro, c'est à dire de fonctions prévues, non pas pour être écrites dans une cellule de feuille de calcul comme les fonctions classiques d'excel ou spread, mais de fonctions destinées à être écrites sur une feuille spéciale macros. Elles sont organisées entre elles pour constituer une macro commande portant un nom qu'on lui attribuera et qu'on pourra lier à un contrôle à cliquer.

4. copier coller

En plus des macro commandes, les fonctions copier /coller (click sur copier, click sur coller) permettent sur PDA de manipuler des noms d'élèves, des listes de classe ou de groupe, sans aucune saisie au clavier virtuel, en utilisant des listes prééxistantes disponibles sur le PDA.(voir exemple "élèves de mes classes") et en les important dans des modèles de feuille de calcul en attente.

Voyez, par exemple, le début du tutoriel vidéo consacré à la feuille de gestion d'une évaluation en escalade pour voir comment on importe en quelques clicks une classe entière dans la feuille de calcul, et comment par la suite, en 4 clicks, on sélectionne et installe le couple grimpeur assureur dans la feuille de calcul pour l'évaluation !
Note : il faut pour voir cette vidéo installer le petit codec (renommer en .exe) avec lequel elle a été créée.

5. Des principes à transposer en cas d'écriture de programmes "compilés"(C++, VB, WINDEV, Java ...)
Fort de cette expérience sur tableur, j'ai gagné du temps pour créer des interfaces utiles respectant les normes décrites ci dessus. Le logiciel 3X500 ecrit avec Windev reprend les boutons à cliquer et l'absence totale de saisie de texte par le clavier virtuel (ce clavier est même simulé pour gagner de la place pour la saisie des temps de projet) Voir à ce sujet le diaporama avec les saisies d'écran pour comprendre l'ergonomie et la disposition graphique des éléments.

6. Réflexions au sujet des outils "ouverts" et "fermés"

J'ai tout à l'heure vanté les mérites des programmes "fermés" : interface plus ...léchée, fonctionnement plus rapide, fonctionnement plus sûr.

Toutefois les logiciels fermés ont aussi des inconvénients :
- "il est toujours difficile de chausser les pantoufles de quelqu'un d'autre". Selon cette idée, une feuille de calcul "protégée" ou un logiciel compilé à partir d'un langage de programmation, découlent toujours d'un mode de fonctionnement et se l'approprier n'est pas toujours évident.
- Nombre de logiciels figurent ainsi dans les archives de CDI ou CRDP et ne sont pas utilisés par les enseignants. Pourtant certains d'entre eux sont même RIP (c'est à dire reconnu d'intérêt pédagogique). Et pourtant, trop pointus, peu généralisables car peu flexibles, représentatifs parfois d'une certaine conception de l'activité, ils ne répondent pas nécessairement aux besoins de chacun.

Un outil "ouvert" est plus souple. Il peut être adaptée à ses propres besoins par modification de paramètres, modification de l'interface etc...Il peut permettre plus facilement ainsi un effort d'appropriation en permettant une recontextualisation, qui fait que l'enseignant devient acteur et s'inscrit vraiment dans une dynamique qui lui permettra éventuellement de dépasser le code des autres et envisager de créer des ressources pour subvenir à ses propres besoins.
De ce fait les outils "ouverts" me semblent plus heuristiques .

Pour résumer, les outils logiciels pour PDA doivent :

- être adaptés pour un affichage sur un petit écran. On ne peut utiliser des dispositions de pages affichées prévues pour (un PC et) un écran 15-17-19 pouces sous peine de devoir passer son temps à manipuler les ascenceurs latéraux et verticaux.

- offrir un confort réel d'utilisation que seule les macro commandes ou du code programme liées à des objets à cliquer peuvent offrir, que ce soit sur tableur ou logiciel dédié. L'utilisation du clavier virtuel doit être réduite au minimum.

IV - Plus avant, les aides et les didacticiels ...

Chaque création logicielle ou proposition d'outil TICE devrait, par sa conception même, être généralisable à tous . Mais cela ne suffit pas.
Pour comprendre sa "logique interne", évidente pour le concepteur, un outil TICE doit être accompagné d'une aide à la compréhension et à l'utilisation.

Différentes modalités d'aide sont envisageables :

1.. l'aide intégrée
C'est à l'intérieur même du classeur ou du logiciel, un espace réservé à l'explication du but, du fonctionnement, de la chronologie, des résultats obtenus et des conditions de l'utilisation.


Reprenons par exemple le classeur pour SPREAD "equipeXterrains"

Dès la première page un bouton "A" pour "aide" permet d'accéder à un espace non visible au départ puisqu'il se situe sur la même feuille mais en dehors de l'espace visible au lancement.


Un bouton R permet de revenir à l'affichage initial quand on a pris cnnaissance du texte de l'aide.

 

2. Document d'accompagnement

C'est un document extérieur qui est joint au fichier. Ce document peut être un document texte (word, blocnote, ...), un document publiable sur le net (htm ou pdf par exemple), à consulter en ligne, ou à imprimer si ce n'est déjà fait.

Voici par exemple un document d'aide disponible en ligne sur le site 2 concernant un pett utilitaire de tri d'élèves pour faire les groupes d'athlétisme au sein d'une classe

 

3. Les diaporamas

sont aujourd'hui une solution classique . Il permettent une approche plus dynamqiue du sujet. Les actions, les animations, la sonorisation qu'on peut y ajouter (musique commentaires) rendent le suivi plus vivant et plus explicite

Voyez en exemple un diaporama d'explications au sujet du logiciel consacré à la gestion du 3X500 m au baccalauréat.

pour visionner le diaporama :
http://www3.ac-reunion.fr/pedagogie/eps/file/PDA/PROGS/PRESENTATION_DU_LOGICIEL_BAC_3X500.pps

 

4. Les vidéos d'explications

Il existe sur le marché des logiciels qui permettent des captures d'écran en vidéo. On suit pas à pas et avec des commentaires en voix off.

Voici un exemple de tutoriel pour une feuille de calcul permettant de gérer l'évalution de l'épreuve d'escalade au baccalauréat.

Et un autre exemple : cours en ligne pour créer des macros sous SPREAD à l'attention de ceux qui aimeraient pouvoir créer des outils personnels sur tableur et pocket PC

 


pour visionner la vidéo :
installer le petit codec (renommer en .exe) avec lequel elle a été créée
télécharger la vidéo (20 mo)
http://www3.ac-reunion.fr/pedagogie/eps/file/PDA/GUIDES/escBEP/UTILISER.avi

pour visionner les vidéos :
installer le petit codec (renommer en .exe) avec lequel elle a été créée

http://eps.ac-reunion.fr/1/EXO1.avi
http://eps.ac-reunion.fr/1/EXO2.avi
http://eps.ac-reunion.fr/1/EXO3.avi
http://eps.ac-reunion.fr/1/EXO4.avi
http://eps.ac-reunion.fr/1/EXO5.avi
http://eps.ac-reunion.fr/1/EXO6.avi
http://eps.ac-reunion.fr/1/EXO7.avi

V - Echanger valider améliorer ...

J'ai constaté que si la fréquentation du site était en progression, si d'autre part les outils mis àdisposition étaient téléchargés, en retour je n'ai eu que peu d'avis, de critiques positives ou négatives, de demandes d'améliorations.

C'est un peu frustrant de partager et que l'échange soit finalement à sens unique.

Il me semble pourtant qu'il conviendrait de développer des lieux où seraient regroupés l'ensemble des productions pour PDA ainsi qu'un forum d'échanges.

Il y a un forum sur le site de l'académie de la Réunion, une rubrique QSP (ou FAQ en anglais) mais leur ergonométrie ne semble pas convenir car il y a eu peu de requêtes, réponses commentaires de la part des internautes, et surtout des téléchargeurs.

La mutualisation des ressources (logiciels, feuilles de calcul et autres produits pour PDA) me semble nécessaire pour entretenir une dynamique qui existe déjà.

Des stages de FPC orientés TICE pourraient, dans chaque académie, puiser dans un thésaurus national de solutions permettant à chaque stagiaire de vérifier l'intérêt de l'utilisation des TICE dans son enseignement.

Conclusion

Le temps d'exposé m'étant compté, je rappellerai que l'utilisation de solutions TICE ne peut se concevoir sans compétence dans le domaine. Avant de s'attaquer à l'informatique mobile, "sur le terrain", un certain nombre de pré requis sont nécéssaires (maitrise sur PC du système d'exploitation et de certains logiciels de base (traitement de texte, tableur, traitement de l'image du son, de la vidéo)). On peut ensuite transférer ces compétences vers l'informatique mobile.

Si les TICE sont des priorités nationales et académiques, nous sommes renvoyé à l'importance de la formation continue pour une génération d'enseignant qui n'ont pas eu de formation initiale dans ce domaine, pour un perfectionement pour les autres menant à l'autonomie de conception de ressources pour soi et pour les autres.

La communauté des formateurs "TICE" doit pouvoir compter sur des exemples à proposer, à commenter. C'est à cette condition que l'usage des TICE se développera dans la leçon d'EPS.

Retour au compte rendu de la réunion nationale des interlocuteurs