Prévention des hydrocutions et des noyades

EPS: Textes Officiels et programmes / Extraits et travaux de compilation / Extraits des principaux textes / natation

Circulaire no 81-163 du 17 août 1981 
(Jeunesse et Sports : bureau S/DAS 3)
Texte adressé aux préfets aux directeurs régionaux et départementaux de la Jeunesse et des Sports et aux directeurs des établissements nationaux et régionaux.
(Ref : extrait du RLR Volume 9 titre 93 chapitre 934-0)

Prévention des hydrocutions et des noyades : les dix commandements du baigneur et du plongeur

J'ai l'honneur de vous faire parvenir ci-joint un document relatif à la prévention des hydrocutions et des noyades.
Je vous demande :

1° D'en assurer une très large diffusion auprès des municipalités, directeurs de piscines, directeurs de centres de vacances, etc. ;
2° De porter ce document à la connaissance des responsables des stages de formation de maître nageur sauveteur ;
3° De mettre ce document à la disposition de toutes les personnes susceptibles d'en faire la demande.

PRÉVENTION DES HYDROCUTIONS ET DES NOYADES

        Chaque année, des centaines de baigneurs et de plongeurs en apnée libre sont victimes d'hydrocutions mortelles au cours des bains de l'été, ou en piscine.
Il est très facile d'éviter la plupart de ces morts en appliquant les dix commandements du baigneur.
Diffusez-les auprès des baigneurs, nageurs, plongeurs, plaisanciers, etc.

1° L'hydrocution est un accident syncopal, caractérisé par une perte de connaissance plus ou moins brutale s'accompagnant de l'arrêt réflexe de la respiration, d'où, normalement l'absence de pénétration d'eau dans les voies respiratoires. " L'hydrocution est à l'eau ce que l'électrocution est au courant électrique. Même un bon nageur peut en être victime " (Lartigue 1953).
        L'hydrocuté présente les mêmes aspects que l'électrocuté : blanc, bleu pâle ou bleu noir avec spume. Mais, quel que soit son aspect, il peut être ranimé car l'arrêt cardiaque ne survient normalement qu'un certain temps après l'arrêt respiratoire.

2° La syncope d'hydrocution est une syncope d'origine cutanée réflexe due :

a) A l'agression thermo-mécanique de l'eau sur le corps humain, résultant de la différence de température de l'eau et du revêtement cutané ainsi que des troubles circulatoires mécaniques résultant de l'immersion ou de la plongée ;
b) A la participation de nombreux facteurs individuels de non-adaptation à l'agression de l'eau, en particulier syncopes et allergies.

3° La perte de connaissance peut survenir sous une douche froide, lors de l'entrée dans l'eau, ou même à terre après sortie de l'eau. Mais, dans la plupart des cas, elle survient plus ou moins brutalement dans l'eau et provoque, en eau profonde un coulé à pic qui est mortel s'il n'est pas constaté aussitôt et si la victime n'est pas immédiatement ramenée en surface.

4° La brutalité d'apparition de la syncope, le silence qui l'accompagne normalement, le délai très variable s'écoulant entre l'entrée dans l'eau et la syncope, enfin le délai nécessité par le sauvetage constituent les quatre facteurs transformant une simple perte de connaissance, anodine sur la terre ferme, en accident mortel dans l'eau.

5° La noyade est une asphyxie caractérisée par l'irruption d'eau douce ou salée dans les alvéoles pulmonaires.
Elle est due à l'insuffisance technique en natation de la victime qui se débat pour essayer de respirer hors de l'eau avant de couler.

6° Une hydrocution en surface peut se compliquer d'une noyade en profondeur lorsque l'hydrocuté y présente spontanément une reprise de la respiration, ou vomit.