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Sujets du BAC 1995

Sujet du BACCALAURAT - série Littéraire - session de juin 1995



Histoire des arts

Durée de l'épreuve: 3 heures

Le candidat choisit de traiter l'un des deux sujets suivants

PREMIER SUJET

Dissertation

En vous aidant des indications fournies par la chronologie, et sans vous interdire d'autres exemples, vous direz en quoi les années soixante en France sont des années de rupture dans les différents domaines artistiques.

CHRONOLOGIE

1957 P. BOULEZ, Le Marteau sans maître.

J. CAGE, 4'33.

Allen KAPROW, Premier Happening

1958 Y. KLEIN, Anthropométries.

J. ROBBINS, Moves

C. CHABROL, Le Beau Serge

1959 J.-L. GODARD, A bout de souffle.

BEJART, Le Sacre du Printemps. Ballet sur la musique de STRAVINSKY

J. TATI, Mon oncle.

TINGUELY, Metamatics.

ARMAN, Accumulations.

1960 Création par P. RESTANY du groupe "Les Nouveaux Réalistes"(ARMAN, Y. KLEIN, TINGUELY, CESAR).

IONESCO, Rhinocéros.

C. SIMON, La Route des Flandres.

1961 A. RESNAIS, L'Année dernière à Marienbad.

1963 A. ROBBE-GRILLET, Pour un nouveau roman.

S. BECKETT, Oh! les beaux jours.

Premier Festival du Théâtre étudiant à Nancy.

1964 Exposition "Mythologies quotidiennes", Musée des Art moderne de la ville de Paris.

R. BARTHES, Essais critiques.

1965 J.-L. GODARD, Pierrot le Fou.

J. GENET, Les paravents, mis en scène par R. BLIN.

M. FOUCAULT, Les Mots et les Choses.

1967 Exposition "Bande dessinée et figuration décorative" au Musée des Arts décoratifs. "Lumière et Mouvement", Musée d'Art moderne de la ville de Paris.

XENAKIS, Polytope pour l'exposition universelle de Montréal.

1968 STOCKHAUSEN, Hymen.

LIVING THEATER, Paradise Now.

Licenciement de H. LANGLOIS, directeur de la Cinémathèque.

1969 Le Non-Art, l'Anti-forme, l'Art conceptuel.

Exposition J.-P. RAYNAUD, CNAC.

1970 Le Théâtre du Soleil s'installe à la cartoucherie de Vincennes.

 

SECOND SUJET

Commentaire de documents

Architecture et représentation du pouvoir

Ci-joint trois séries de deux documents concernant:

 

- Le château et le parc de Versailles (La Monarchie absolue)
1678: capitale politique du royaume transférée à Versailles. Mansart est chargé des travaux.
Documents: façade sur jardin (in Documentation française, n° 5220); vue à vol d'oiseau du château et du parc (in Géo, N° 160, page 134)

 

- Le centre-ville de Washington (Le pouvoir démocratique)
1791: plan de l'architecte français Pierre-Charles L'ENFANT, réactivé après 1870.
Plan du centre-ville de Washington (in Géo, n° 116, page 37)
Photographie du Capitole

- Le centre-ville de Berlin (le pouvoir totalitaire)
1937: plan du projet de l' "avenue des champs -Elysées berlinoise" par Albert SPEER, d'après un croquis de Hitler.
Vue d'ensemble de la maquette de Berlin (in A. Guyot , P. Restellini, Bruxelles, ed. Complexes, 1983)
Le Palais du Peuple de Berlin, détail de la maquette (in A. Guyot , P. Restellini, Bruxelles, ed. Complexes, 1983).

 

En étudiant ces documents, et en vous demandant notamment ce qu'on met en scène et pour qui, vous montrerez comment des référents architecturaux identiques et des plans comparables peuvent servir des visées idéologiques différentes, et comment s'intègre dans ces projets ou réalisations le traitement de la nature.

 

N.B.- Vous trouverez en annexe des indications portant sur l'échelle et les dimensions.

ANNEXE

Indications techniques

VERSAILLES

Côté jardins, Mansart crée la Galerie des Glaces (75 m), construit les deux ailes nord et sud, dans le même style que le corps central. La façade s'étale ainsi sur 450 mètres (dominantes horizontales).

WASHINGTON.

Le Potomac (400 m de large) donne l'échelle de l'avenue monumentale: Le "Mall", tandis que "Pensylvania Avenue" mesure 1,5 kilomètre sur 120 mètres de large. le bâtiment du Congrès (le capitole) est en hauteur sur une colline: 82 mètres de haut, 229 mètres de long, 107 mètres de large. La terrasse de marbre (269 m de long) a été ajoutée plus tard.

BERLIN.

Le projet de SPEER prévoyait une "avenue des Champs-Elysées berlinoise" de 5 kilomètres de long(deux fois et demie celle de Paris), jalonnée d'imposants bâtiments de 150 à 200 mètres de façades. Aux extrémités , deux gigantesques monuments:
- au nord, proche du Reichstag, la plus grande salle de réunion du monde (180 000 auditeurs debout), haute de 290 mètres , surmontée d'un dôme de 250 mètres de diamètre intérieur (230 m de haut);
- au sud, arc de triomphe à la gloire des 1 800 000 soldats morts au cours de la première guerre mondiale (noms gravés dans le granit), 170 mètres de long, 119 de large. (N.B.-Arc de triomphe de l'Etoile: 50 m de haut).

 

Sujet du Baccalauréat - SERIE LITTERAIRE - session de septembre 1995

Histoire des arts

Durée de l'épreuve: 3 heures

Le candidat choisit de traiter l'un des deux sujets suivants

HA 503P

PREMIER SUJET

Dissertation

Ne vois-tu pas (...) qu'il nous arrive d'être dans une œuvre de l'homme comme poissons dans l'onde, d'en être entièrement baignés, d'y vivre et de lui appartenir?" Ainsi s'exprime Paul Valéry par la voix de Socrate s'adressant à Phèdre dans son premier "Dialogue"(Eupalinos ou l'Architecte). Cette réflexion s'applique tout particulièrement à l'architecture et à la musique.

En quoi votre connaissance et votre expérience des œuvres d'art vous permettent-elles de donner raison ou tort à Paul Valéry, qui distingue d'une part les œuvres visuelles, que l'on rapproche de l'extérieur, telles que la peinture et la sculpture, et d'autre part les œuvres architecturales et musicales dans lesquelles il nous arrive d'être "entièrement baignés"?

SECOND SUJET

Commentaire de documents
DOCUMENTS.- L'Hommage à New York de Jean Tinguely, Museum of Modern Art, 1960.

 

A partir d'une analyse précise de cette "manifestation artistique", faites apparaître en quoi elle est représentative des nouvelles démarches qui touchent tous les domaines des arts dans les années soixante tant à Paris qu'à New York.

NB. - Il est attendu une réflexion qui déborde les documents proposés pour s'appuyer sur des expressions artistiques relevant de domaines différents.

L'Hommage à New York de Jean Tinguely, MOMA 1960

Lorsque le Museum of Modern Art propose à Tinguely de réaliser sa machine autodestructrice dans le jardin de sculpture attenant au musée, l'artiste saisit la balle au bond. Ainsi commence une aventure qui devait culminer le 17 mars 1960 par la mise à feu au MOMA de l'Hommage à New York: un gigantesque monument de ferraille hétéroclite dans lequel sont incorporés les objets les plus divers, des roues de bicyclettes, des chariots, des postes de radio, un adressographe, deux métamatics et un piano. cette architecture temporaire couronnée d'un ballon météorologique et d'un nuage de fumée odorante fut vouée, en trente minutes d'animation, à la destruction télécommandée.

Trois photographies extraites du Catalogue Paris-New York, Centre Georges Pompidou, Gallimard, Paris, 1991)