Les MOOC

Les MOOC, définitions et enjeux

Éléments de définition(s)

Des modèles économiques à définir

À la question récurrente «quel est le modèle économique des MOOC?», tous les experts s’accordent à dire qu’il n’y a pas encore de réponse(s) définitive(s). Ils constatent que les MOOC, toujours en phase de tests et d’observations, fonctionnent pour l’instant à perte et ne sont pas encore rentables et pensent qu'à moins d'une solution miracle, on s'orientera sans doute à terme vers des cours payants. Pour Thot Cursus, http://cursus.edu/article/19487/2013-annee-des-moocs-francais/ , le modèle économique des MOOC en France est à relier à une démarche de «produits d’appel, vitrines du savoir-faire disciplinaire et pédagogique des établissements». Aux États-Unis, compte tenu des coûts des études supérieures, les analystes estiment que les MOOC vont permettre à un plus grand nombre de personnes d’assister aux cours et donc de les rendre plus abordables. Quoi qu'il en soit, monter un MOOC représente un coût élevé, dans la mesure où un certain nombre de frais sont incompressibles : la plateforme, les professeurs, les techniciens spécialisés en audio et vidéo.
Plusieurs modèles économiques sont à l'étude, respectant généralement le principe de gratuité pour les apprenants, mais jusqu’à un certain niveau seulement. En effet, certains MOOC peuvent être payants avec une prise en charge par l’employeur par exemple. Des entreprises pourraient investir financièrement  dans le dispositif, avec en contrepartie une meilleure visibilité et un vivier in situ pour leurs recrutements... Rendre la certification et les badges (qui permettent de se construire une formation à la carte) payants est une solution déjà appliquée dans tous les cas de figure.
En dehors de cette dernière piste qui consiste à faire payer les certifications, avec différents taux selon que le MOOC intègre ou non du présentiel, une autre solution est à l'étude. Sur le modèle de nombreux outils du web 2, il s'agit de proposer parallèlement au cursus gratuit, une offre premium, avec une valeur ajoutée qui peut prendre la forme d'un meilleur ou plus important accompagnement personnalisé. D'autres pistes de rentabilité sont évoquées comme la vente des cours des professeurs aux universités (vente de licences d’utilisation des contenus pédagogiques), l'intégration de publicités sur les plateformes, l'association avec des éditeurs de manuels scolaires, la prise en charge de création de certains exercices par les étudiants eux-mêmes et la revente des bases de données des étudiants à des entreprises. Dans le cas d'une location de plateforme, il va bien entendu de l'intérêt de l'organisme formateur d'y proposer le plus de cours possibles et de faire équipe avec d'autres organismes, mais se pose alors le risque de laisser le monopole des plateformes à 2 ou 3 entreprises... Un billet de Matthieu Cisel fait le point sur ce sujet: http://blog.educpros.fr/matthieu-cisel/2013/05/20/mooc-les-business-models-emergents/ .
Une seule chose est sûre, monter un MOOC n’est pas rentable en terme de temps de travail pour le professeur. Ce qui est particulièrement sensible pour les professeurs d’université qui dépassent de loin leur quota annuel l'est également pour les autres professeurs.