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5. Critique d'Internet et des nouveaux médias

Des dossiers qui ont suivi

Books - Internet rend-il encore plus bête ?

Books, n° 7 - Juillet-Août 2009 ( voir le sommaire)


Numéro spécial coordonné par Olivier Postel-Vinay.
Ce numéro de Books, consacré à la mutation culturelle induite par Internet et les technologies qui l’entourent, regroupe les points de vue les plus contraires. "Au-delà de la question désormais classique : "Le Net nous rend-il bête ?", le vrai débat porte bien entendu sur le point de savoir si la culture du Net est en passe de balayer la vieille culture humaniste, fondée sur le respect de la profondeur, sur la préférence pour la réflexion solitaire, au profit d’une culture privilégiant la vitesse et le fragmentaire, mais aussi la réflexion collective. En filigrane, mais de manière obsessionnelle, c’est aussi la question de l’avenir du livre et de la lecture qui est posée…".

Socrate 2.0
Du cerveau analogique au cerveau numérique
"Fin connaisseur de l’histoire du livre et de l’édition, le sociologue espagnol Joaquín Rodríguez dresse dans son dernier ouvrage un parallèle entre l’inquiétude du philosophe grec et celles d’un père confronté à l’obsession de son fils pour le monde du Web et du tchat."

Books en présente un extrait.
"Mais, tels des Socrate dans le cyberespace, nous n’avons pas le recul suffisant pour comprendre parfaitement l’évolution en cours. Le grand philosophe n’a su ou pu comprendre la supériorité de l’écrit sur l’oral ni, moins encore, anticiper les considérables changements cognitifs que l’invention de l’alphabet grec allait apporter  ; nous n’avons que des questions qui expriment nos soupçons et nos spéculations. Il est plus que possible, par exemple, que nos cerveaux soient en train de connaître très exactement une transformation aussi considérable que celle qu’ils ont connue dans l’Antiquité ; nos pauvres cerveaux analogiques sont peut-être en train de se convertir en cerveaux numériques, bien qu’aucun neurolinguiste ne s’aventure à nous dire ce que nous gagnons et perdons au change. Pis encore, nous savons que nos cerveaux sont des organes dont la configuration actuelle tient notamment à ce qu’ils apprirent à se transformer, en l’absence de détermination génétique, pour être capables de lire. Nos capacités cognitives actuelles les plus fines – la prévision, la planification, la déduction, l’abstraction, la pondération et la formation du jugement – sont donc nées dans une large mesure du développement historique de cerveaux lecteurs, et de l’accumulation de procédés et de traditions liés à la pratique de la lecture (la concentration, la méditation, le développement d’une argumentation)..."

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Mais pourquoi donc lisent-ils moins ?
"Après la faute à la télévision, la faute à Internet ? Attention ! Les apparences sont trompeuses !
L’étude dont les résultats sont ici présentés a été réalisée par Opinion Way en mai 2009, par Internet, auprès d’un échantillon de 1 020 personnes, représentatif de la population française. Elle ne concerne pas les moins de 18 ans. La marge d’incertitude est de 2 à 3 points. Ce sondage confirme une tendance générale de la population à lire moins de livres. Cependant, les Français qui lisent, y compris les jeunes adultes, disent lire plus de romans et de livres d’idées qu’il y a cinq ans. Ce sont les jeunes adultes qui sont les plus enclins à déclarer lire de moins en moins de livres. Mais c’est aussi dans cette population, y compris chez les gros consommateurs d’Internet, que l’on trouve la plus forte proportion de personnes déclarant lire plus qu’il y a cinq ans."

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