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Lecture sur écran

2. Processus cognitifs

Attention, compréhension, mémorisation

Attention, compréhension, mémorisation

Points de vue de chercheurs en France

La lecture, activité physique

Critique du livre de Roberto Casati par Robert Maggiori

Robert Maggiori nous explique dans cet article que Roberto Casati, Directeur de recherches au CNRS, professeur de philosophie et de sciences cognitives, n'est pas un nostalgique du livre papier, non utilisateur des TIC mais tout son contraire. Son plaidoyer pour le livre et la lecture sur papier, dans son ouvrage « Contre le colonialisme numérique. Manifeste pour continuer à lire », est «une diatribe sans nuances contre ce qui les met en péril, à savoir le développement des technologies numériques.  Casati n’est en effet ni un conservateur pleurant sur les bibliothèques poussiéreuses et la machine à vapeur, ni un luddite tenté de détruire les machines du progrès, ni un «analphabète numérique» qui s’est retrouvé Gros-Jean comme devant quand ont disparu les mange-disques et le Minitel. Il serait plutôt un geek en matière informatique - mais avocat de la cause du livre et de la lecture, qui, au lieu de chanter le bon vieux temps, montre que le papier, s’il risque de «devenir commercialement obsolète», conserve intactes, pour aujourd’hui et demain, toutes ses potentialités euristiques et cognitives.»

Libération, le 09/10/2013

Écouter l'interview de Roberto Casati sur France Culture dans l'émission Les matins, le 10 octobre 2013.

 

Thierry Baccino

Laboratoire des usages en technologies d’information numériques (Lutin)

Thierry Baccino a été invité dans plusieurs émissions à l'occasion du dossier de Sciences et Vie : La lecture change, nos cerveaux aussi , n°1104, septembre 2009.

Aspects négatifs et bienfaits de la lecture sur écran

ActuaLitté revient sur l'émission "Tout s'explique" et sur les idées développées par Thierry Baccino.

La lecture sur écran peut entraîner une désorientation cognitive
Baccino, indique tout d'abord que la lecture sur écran permet d'enrichir l'information au moyen d'hypertextes et d'hypermédias, ce qui est un bienfait mais il faut faire attention à ne pas trop l'enrichir...

Lecture sur papier plus rapide que sur écran
Les expérimentations de Baccino lui ont permis aussi de constater que la lecture sur papier et plus rapide que la lecture sur écran. Il indique deux raisons principales à cela.
La première qui est essentiellement valable pour les écrans d'ordinateur vient de la luminosité. [...]
La deuxième raison se situe au niveau de la compréhension. [...]

Mémorisation et lecture sur écran
Un autre des gros problèmes de la lecture sur écran est la détérioration de la « mémoire spatiale du texte ». Avec un texte sur papier, il arrive parfois que l'on se souvienne de l'endroit du texte où l'on avait trouvé une information. Parfois même on ne souvient plus de l'information mais seulement de sa localisation (dans le texte ou dans le livre). [...]

ActuaLitté, 10/09/2009

 

Eric Jamet

cahiers pédagogiques

Les nouveaux médias, un plus pour la mémorisation ?
"Il est tentant de penser qu’une présentation multimédias de documents favorise l’apprentissage. Or, cela n’est vrai que sous certaines conditions, comme le montre ce texte qui reprend diverses études sur le sujet."

"Les présentations multimédias favorisent-elles l'apprentissage ? Pas si sûr, de nombreuses études ont montré, on s'en doute, qu'un texte linéaire était plus abordable qu'un texte hypertexte, qui facilite la possibilité de se perdre. Les documents multimédias sont souvent moins bien mémorisés que ceux que l'on lit, car la vitesse de lecture s'adapte à la compréhension. Par contre l'apport des illustrations semble indéniable : en répétant l'information du texte sous une autre forme, elles aident à la mémorisation, dommage qu'elles soient peu utilisées comme support de compréhension, car elles ont aussi besoin d'être décodées. La mise en forme de l'attention (guidages, fléchages...) la conforte. En terme d'apprentissage, les animations multimédias ne sont pas plus efficaces qu'une image fixe, alors qu'elles sont plus complexes à réaliser, sauf si là encore elles facilitent le guidage."

"Ces études illustrent l’impossibilité qu’il y aurait à conclure à une quelconque supériorité des documents électroniques sur leurs homologues imprimés. L’idée défendue ici est que c’est une meilleure connaissance des nouvelles opportunités offertes par ces nouveaux médias, mais aussi une évaluation plus systématique des nouvelles difficultés qu’ils entraînent, qui permettra non seulement de concevoir les documents pédagogiques plus efficaces, de mieux les utiliser dans les classes, mais aussi de mieux enseigner leur usage aux élèves."

Les Cahiers pédagogiques, n°474, juin 2009, Dossier "Aider à mémoriser"

Agence des usages des TICE

agence des usages tice

La charge cognitive et l'apprentissage multimédia
"La charge cognitive est l'effort mental déployé par une personne pour apprendre. Quand cet effort est trop fort (surcharge) ou trop faible ("sous-charge"), les performances d'apprentissage des élèves diminuent. Mais il existe des manières de maîtriser la charge cognitive et trouver le juste milieu qui permet aux élèves d'apprendre de façon efficace. Tel est du moins l'objectif visé par les chercheurs qui travaillent sur la théorie de la charge cognitive. Cet article présente les concepts et quelques résultats de leurs recherches."

Agence des usages des TICE, 22/01/2008

Roland Jouvent

télérama

"Plus que tout autre organe, le cerveau est conçu pour évoluer en fonction de l'expérience - une fonctionnalité appelée la neuroplasticité"
C'est ce que "rappelle Roland Jouvent, qui dirige le Centre émotion du CNRS, à la Salpêtrière, et qui vient de publier Le Cerveau magicien. De même qu'il s'est adapté à l'arrivée de la radio, du cinéma, de la télévision, il se modifie sous l'effet de nos pratiques de lecture en ligne. On sait généralement que les capacités d'apprentissage sont spectaculaires chez l'enfant, mais elles peuvent l'être tout autant chez l'adulte. [...]
Les sollicitations par le biais du Web - une information par e-mail ici, une vidéo sur YouTube là, un twitt ailleurs -  nous permettent de cliquer toute la journée à la poursuite  des meilleures récompenses ..."

Internet rend-il bête ? Télérama, 22/07/2009

Débat sur le site de Télérama

Notre façon de lire et même de penser a-t-elle changé avec le développement du Web ?
"Un passionnant débat réalisé en collaboration avec le Centre de formation des journalistes (CFJ), à Paris. Notre concentration est-elle la même devant un écran et devant un livre ? Une information piochée sur le Net est-elle mémorisée de la même manière qu'une info lue dans un journal ? Certains craignent l'avènement d'une pensée zapping, d'autres sont plus optimistes."

Ecouter sur le site de Télérama quelques extraits de ce débat, puis l'intégralité de l'échange
Télérama, 23/07/2009

André Tricot

 Le numérique décrypté par André Tricot

"André Tricot est enseignant-chercheur en psychologie et spécialiste des apprentissages via le numérique. Lors d’une conférence donnée en mars 2011 au CDDP de la Gironde sur la lecture numérique, il revient sur les conclusions de l’enquête de Nicole Boubée sur le développement des compétences documentaires."

L'école numérique, n°10, décembre 2011

La lecture à l’écran et le corps pensant

Etude non publiée relayée par Hubert Guillaud

«Ainsi, ce que démontre cette étude, c'est que nous sommes un peu plus perdus dans l'espace du livre électronique que dans celui du livre papier. Notre approche du volume, de l'épaisseur, des séquences mêmes de l'histoire est perturbée par l'absence des indices spatio-temporels que nous recevions du toucher, de la kinesthésie du livre papier... »

ENSSIB, le 15/09/2014

Points de vue de chercheurs dans d'autres pays

Les écrans et la lecture en profondeur : le cerveau s'adapte

Les difficultés à se concentrer quand on n'a pas de liens hypertexte

«L'hyperlien, le message de 140 caractères, la lecture zapping : autant de nouveaux modes de consultation de textes qui modifieraient notre capacité à comprendre les choses en profondeur. Michael S. Rosenwald, dans le Washington Post enquête sur un phénomène qualifié de « problème d'engagement ». En effet, selon lui, une inquiétude grandit dans l'esprit du lecteur dès lors que le message doit lui prendre plus de quelques minutes pour être intégré.»

ActuaLitté, le 09/04/2014

 

Dyslexie : les tablettes peuvent aider les enfants à apprendre à lire

Les chercheurs américains ont découvert que les enfants dyslexiques ont moins de difficulté à lire sur l’écran des tablettes numériques.

«Le Dr Matthew Schneps, du Centre des sciences de l’éducation de l’Université de Harvard a suivi un groupe d’une centaine d’élèves et leur a demandé de lire des phrases courtes écrites sur un cahier, puis d’autres phrases courtes sur l’écran d’une tablette. Il s’est rendu compte que les enfants qui souffraient de dyslexie avaient beaucoup de moins de difficulté avec la lecture lorsque les phrases étaient présentées sur une tablette. »

TopSante.com, le 20/09/2013

 

Association américaine de pédiatrie

Ne pas mettre les enfants de moins de 2ans devant les écrans
L'association américaine de pédiatrie (AAP) recommande de ne pas soumettre les enfants de moins de deux ans devant les écrans car «les réseaux neuronaux impliqués dans nos aptitudes mentales s'organisent pendant les deux premières années de vie et sont fortement influencés par les expériences vécues »  et pour les enfants de plus de deux ans de « limiter la télévision à une ou deux heures par jour ».

Les effets des écrans sur le cerveau des plus jeunes, Science et vie, n° 1149, juin 2013.

 

 

Vandewater Elisabeth et co

Impact de la télévision sur l'apprentissage de la lecture
Une étude de Vandewater Elisabeth et co de 2005 montre que les enfants de 0 à 6 ans chez qui la télé est toujours allumée ont près de 3 fois plus de risques de ne pas savoir lire à la sortie du cours préparatoire car ils ont des difficultés à se concentrer, alors que la concentration est essentielle dans l'apprentissage de la lecture.

Les effets des écrans sur le cerveau des plus jeunes, Science et vie, n° 1149, juin 2013.

 

Judy Loache et co

Vidéos et langage
Concernant le langage, les travaux de Judy Loache et co, 2010 montrent que « les enfants [ de 12 à 18 mois ] exposés pendant 4 semaines de manière intensive à une vidéo conçue pour leur apprendre - de façon non interactive - des mots relatifs à la maison et au jardin, n'apprennent pas plus de nouveaux mots que ceux qui ne sont exposés à aucune vidéo »

Les effets des écrans sur le cerveau des plus jeunes, Science et vie, n° 1149, juin 2013.

 

Université de Leicester

Apprend-on mieux sur un support papier ou sur un écran ?

 «Une recherche britannique (Kate Garland, université de Leicester) a montré que si l’on donne les mêmes documents à des étudiants sur écran ou sur papier, la mémorisation est la même. Or, dans la même étude, on remarque également que si les étudiants ne connaissent rien au sujet, alors l’écran est un support un peu moins bon. Lorsque l’on apprend sur papier, nous nous souviendrions aussi, visuellement, de l’objet qui sert de support, la page, le livre ou encore le classeur, ce qui favoriserait la mémorisation.»

Futura Sciences, le 21/03/2013

Espagne

Socrate 2.0
Du cerveau analogique au cerveau numérique
"Fin connaisseur de l’histoire du livre et de l’édition, le sociologue espagnol Joaquín Rodríguez dresse dans son dernier ouvrage un parallèle entre l’inquiétude du philosophe grec et celles d’un père confronté à l’obsession de son fils pour le monde du Web et du tchat."

Books en présente un extrait.
"Mais, tels des Socrate dans le cyberespace, nous n’avons pas le recul suffisant pour comprendre parfaitement l’évolution en cours. Le grand philosophe n’a su ou pu comprendre la supériorité de l’écrit sur l’oral ni, moins encore, anticiper les considérables changements cognitifs que l’invention de l’alphabet grec allait apporter  ; nous n’avons que des questions qui expriment nos soupçons et nos spéculations. Il est plus que possible, par exemple, que nos cerveaux soient en train de connaître très exactement une transformation aussi considérable que celle qu’ils ont connue dans l’Antiquité ; nos pauvres cerveaux analogiques sont peut-être en train de se convertir en cerveaux numériques, bien qu’aucun neurolinguiste ne s’aventure à nous dire ce que nous gagnons et perdons au change. Pis encore, nous savons que nos cerveaux sont des organes dont la configuration actuelle tient notamment à ce qu’ils apprirent à se transformer, en l’absence de détermination génétique, pour être capables de lire. Nos capacités cognitives actuelles les plus fines – la prévision, la planification, la déduction, l’abstraction, la pondération et la formation du jugement – sont donc nées dans une large mesure du développement historique de cerveaux lecteurs, et de l’accumulation de procédés et de traditions liés à la pratique de la lecture (la concentration, la méditation, le développement d’une argumentation)..."

Books, n° 7 - Juillet-Août 2009

Voir tout l'extrait en ligne

Tufts University

Le calme est bon pour l’esprit
Hubert Guillaud
"Dans Proust and the Squid (Proust et le Calmar, en référence à la façon dont ces animaux développent leurs réseaux de neurones), qu’elle a écrit en 2007, elle explique comment l’espèce humaine a appris à lire et comment la lecture transforme nos fonctions cérébrales de l’enfance à l’âge adulte. “L’acte de lecture n’est pas naturel”, rappelle-t-elle : elle a eu une influence sur l’évolution de nos circuits neuronaux et certaines zones du cerveau se sont spécialisées dans la reconnaissance de caractères et dans la lecture. La lecture est une invention culturelle acquise récemment. “L’efficacité que nous avons développée grâce à la lecture nous a permis d’avoir plus de temps pour réfléchir”, explique-t-elle, en observant, via l’imagerie cérébrale, comment les enfants apprennent à maîtriser de mieux en mieux la lecture. Wolf se réfère à Proust dans Sur la lecture (.pdf) (où Proust définit la lecture comme l’intervention, qui, tout en venant d’un autre, se produit au fond de nous-mêmes, c’est-à-dire l’impulsion d’un autre esprit sur notre solitude) : la lecture nous rend plus intelligents car elle laisse notre cerveau seul avec lui-même, le laissant penser sans être dérangé, contrairement à ce qui arrive lors d’une conversation par exemple. [...] Nonobstant, Maryanne Wolf se montre plutôt inquiète pour l’avenir de la lecture. Selon elle, avec le web, son instantanéité et sa surcharge informationnelle, la façon dont nous lisons change profondément : à l’écran, nous ne lisons pas, nous écrémons !"

Le papier contre l'électronique : lequel nous rend le plus intelligent  ? Internet Actu, 10/02/2009

Université technologique de Louisiane

agence des usages tice

Lire et comprendre sur écran : faut-il limiter le temps de lecture ?
Géraldine Charles-Dominique

"La lecture sur écran deviendra de plus en plus courante avec les environnements numériques d'apprentissage...
Jeffrey Walczyk et ses collaborateurs de l’université technologique de Louisiane ont mené une étude sur les effets de la limitation du temps de lecture afin de savoir quelles conditions sont les plus intéressantes sur le plan pédagogique pour améliorer la compréhension du texte. Cette étude concerne notamment les élèves de lycée et de collège, mais elle peut servir à la réflexion des enseignants à tous les niveaux."...
"L’article montre que la gestion du temps de lecture par l’enseignant entraîne de meilleurs résultats de compréhension, mais seulement si la contrainte n’est pas trop forte."

Agence des usages des TICE, 03/03/2009

Université de Californie

internet actu

Le papier contre l’électronique : Lequel nous rend plus intelligent ?
Hubert Guillaud
"Selon des neuroscientifiques de l’université de Californie, la stimulation cérébrale générée par la consultation de l’internet est plus forte que celle générée par la lecture traditionnelle. […] Il est évident que l’internet nécessite de prendre sans arrêt des décisions, ce qui n’est pas le cas d’une lecture classique qui ne nécessite pas de choix constants ou complexes. Le fait que la lecture sur le net soit plus stimulante pour le cerveau (parce qu’elle mobilise de la concentration pour activer les liens et nécessite une interaction active) est finalement assez logique. Peut-être que cela favorise également la mémorisation, puisqu’on sait que celle-ci réussit mieux quand le récepteur est actif plutôt que passif… Mais rien ne dit que cette cette surstimulation facilite la compréhension ou l’assimilation des informations qu’on y parcourt. Ou qu’elle favorise la dimension associative censée nous amener à de nouveaux niveaux de conscience.
Par sa “complexité”, son hypertextualité qui nécessite de faire des choix constants, la lecture sur l’internet stimule plus certaines zones de notre cerveau que l’austère page blanche d’un livre. Ca ne tranche pas le débat, mais ça le scinde un peu plus en deux : entre ceux qui y voient un danger qui risque de transformer la manière dont notre cerveau raisonne et assimile l’information et ceux qui y voient une preuve de la supériorité du net, qui ouvre de nouvelles perspectives dans ses façons d’impliquer le lecteur dans la lecture...
En attendant, on conclura sur le constat que les deux supports stimulent différemment notre intelligence, certainement aussi parce que nos chercheurs ont encore bien du mal à définir ce qu’est l’intelligence ou plutôt ce que sont les différentes formes d’intelligences."

Internet actu, 10/02/2009

Dossiers

Science & Vie - La lecture change, nos cerveaux aussi

 science et vie (septembre 2009)

La lecture change, nos cerveaux aussi : e-book, Internet, smartphone...
Dossier / Philippe Testart-Vaillant et Kheira Bettayeb
"Depuis plus de cinq cents ans, nous avons développé des capacités cognitives adaptées à l’écrit sur papier. Or, le texte prolifère aujourd’hui sur toutes sortes de supports électroniques : e-books, smartphones, ordinateurs… entraînant une révolution de notre rapport à la lecture. Et une modification de notre cortex... Si l’écran électronique peut se flatter d’apporter un plus cognitif, c’est bien grâce à ces liens qui permettent de naviguer librement d’une page à l’autre au cours de la lecture, via un simple clic sur certains mots ou certaines images. [Mais] les experts après avoir porté l’hypertexte aux nues et vu en lui la panacée en matière d’apprentissage, ont dû en rabattre."

La vitesse de lecture baisse de 25%
"La lecture est un processus très gourmand en capacités cognitives. Elle mobilise successivement pour le seul décodage des mots plus de 6 zones cérébrales. Si le cerveau doit en plus solliciter des zones de reconnaissance de forme, de position, de vitesse ou de couleurs, il se retrouvera rapidement en surcharge. De fait, face à un contenu multimédia, la vitesse de lecture chute de 25%."

Il y a une perte des repères spatiaux
"un texte imprimé sur papier est par définition stable, fixe. A l’inverse, un document électronique, dynamique, peut se déplacer à volonté sur l’écran. Or, une phase essentielle de la lecture consiste à mémoriser les coordonnées spatiales (la position) des mots importants dans le texte…"

Les hypertextes feraient perdre jusqu’à 30% de la force de travail
Thierry Baccino considère que le stress déclenché par des hypertextes offrant un très grand nombre de pages à visiter fait perdre jusqu’à 30% de la force de travail."

La lecture d’hypertextes est facilitée si le sujet se voit contraint de lire d’abord le document de manière linéaire
Dorothée Fillet (une doctorante d’Eric Jamet) a mené récemment une expérience "sur un module de cours en ligne, montre que la lecture d’hypertextes est facilitée si le sujet se voit contraint de lire d’abord le document de manière linéaire, conformément à l’enchaînement conceptuel voulu par l’auteur, avant d’être autorisé à fureter comme bon lui semble."

Retrouvez ce dossier accompagné de vidéos, de textes lus d'une expérience exclusive, signalés par un pictogramme.
  Science et Vie, n°1104, septembre 2009, p. 42-57

Internet Actu - Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ?

internet actu

Hubet Guillaud

« Comment l’internet transforme-t-il la façon dont vous pensez ? », telle était la grande question annuelle posée par la revue The Edge à quelque 170 experts, scientifiques, artistes et penseurs. Difficile d’en faire une synthèse, tant les contributions sont multiples et variées et souvent passionnantes. Que les répondants soient fans ou critiques de la révolution des technologies de l’information, en tout cas, il est clair qu’internet ne laisse personne indifférent. »

Quelques extraits

1. Un réseau d’humains et de machines enchevêtrées

L’internet change la façon dont nous décidons
Pour le physicien Daniel Hillis, le réel impact de l’internet a été de changer la façon dont nous prenons des décisions... Pour Marissa Mayer de Google, « l’internet n’a pas changé ce que l’on sait, mais ce que l’on peut trouver » ... Pour Lera Boroditsky, professeure de psychologie à l’université de Stanford, l’internet augmente notre champ réceptif, comme l’ont fait jusqu’à présent tous les outils humains. De nombreuses recherches ont montré que l’homme s’adapte de manière spectaculaire à la façon dont il utilise le monde...

L’internet nous empêche de le comprendre
Pour Neri Oxman, architecte et chercheuse au MIT, fondatrice du laboratoire de Materialecology (blog)  « l’instanciation de l’internet inhibe la nature cognitive de la pensée créative et réfléchie.» En nous empêchant de prendre du recul sur lui-même par son instanciation constante, l’internet nous empêche de le comprendre...

Pour le comprendre, il nous faut inventer une nouvelle science
[Pour Paul Saffo, prospectiviste] l’explosion de l’impression a développé une nouvelle discipline du savoir : celle de l’organisation de la connaissance. De la même manière, « il nous faut apprendre à savoir ce qui importe », explique-t-il] en en appelant au développement d’une nouvelle science...

Lire sur InternetActu, 09/02/2010 : Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ?
1/5 : Un réseau d’humains et de machines enchevêtrées

2. La grande question de l'attention

L’internet nous rend-il plus attentifs ?
Pour le gourou des nouvelles technologies Kevin Kelly, l’internet nous permet de porter plus d’attention à des travaux plus complexes, plus gros et plus compliqués qu’avant... Un avis que partage Albert-Laszlo Barabasi, le spécialiste de l’étude des réseaux..., qui n’aurait pas pu travailler sans l’internet...Un avis que ne partage pas le philosophe Daniel Dennett, professeur au Centre d’études cognitives de la Tufts University...

L’attention est l’alphabétisme du XXIe siècle
[Pour Nicolas Carr] qui s’apprête à publier un livre sur l’attention... « Sachant que la profondeur de notre pensée est directement liée à l’intensité de notre attention, il est difficile de ne pas conclure que, à mesure que nous nous adaptons à l’environnement intellectuel du Net, notre pensée devient moins profonde. ». [Sa propre expérience le porte] à croire que « ce que nous risquons de perdre sera au moins aussi grand que ce que nous avons à gagner »...

La technologie ne suffit pas : il faut améliorer les savoirs et les savoir-faire
Pour Rheingold, la capacité à se concentrer, à prêter attention, est devenue un apprentissage fondamental à acquérir pour utiliser ces outils.

L'internet affecte jusqu’à notre Moi
Pour le philosophe Thomas Metzinger du département de philosophie de l’université de Mainz, « l’Internet reconfigure mon cerveau. Il ne change pas seulement la manière dont je pense. L’influence est bien plus profonde. Elle pénètre déjà mes rêves. » ...

 Lire sur InternetActu, 10/02/2010 : Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ?
2/5 : La grande question de l'attention

3. En modifiant notre rapport au réel

L’internet change la façon dont on vit l’expérience
Pour les artistes Eric Fischl et April Gornik, l’internet a changé la façon dont ils posent leur regard sur le monde.

Le pouvoir de la conversation
Pour la philosophe Gloria Origgi, chercheuse à l’Institut Nicod à Paris : l’internet révèle le pouvoir de la conversation, à l’image de ces innombrables échanges par mails qui ont envahi nos existences... Pour Yochaï Benkler, professeur à Harvard et auteur de la Puissance des réseaux... l’internet, en nous connectant plus facilement à plus de personnes, permet d’accéder à de nouveaux niveaux de proximité ou d’éloignement selon des critères géographiques, sociaux, organisationnels ou institutionnels...

Mondialisation intellectuelle
Pour le neuroscientifique français, Stanislas Dehaene, auteur des Neurones de la lecture, l’internet est en train de révolutionner notre accès au savoir et plus encore notre notion du temps... Pour Barry C. Smith, directeur de l’Institut de l’école de philosophie de l’université de Londres, internet est ambivalent. « Le privé est désormais public, le local global, l’information est devenue un divertissement, les consommateurs des producteurs, tout le monde est devenu expert »…

 Lire sur InternetActu, 11/02/2010 : Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ?
3/5 : En modifiant notre rapport au réel

4. L'Internet n'a t-il rien changé ?

Internet n’a rien changé !
Pour Ian Wilmut, directeur du Centre de médecine regénérative de l’université d’Edinburgh et auteur de Après Dolly : « l’usage d’internet n’a pas changé la façon dont je pense, mais il m’a permis d’accéder facilement et immédiatement à une extraordinaire diversité d’idées et d’information. » Reste que ce n’est qu’une extension de l’information telle qu’on la trouvait déjà sur les premières tablettes d’argiles, estime le biologiste... Pour Nicholas A. Christaki, médecin et spécialiste en sciences sociales, professeur de l’université d’Harvard...  les nouvelles techniques d’augmentation cognitives, matérielles ou logicielles, internes ou externes à notre corps, ne changent pas plus notre esprit que les techniques plus anciennes.

L'Internet peut tout changer
... L’internet est devenu un usage majoritaire dans le monde développé depuis moins d’une décennie, mais nous pouvons déjà en saisir quelques avantages caractéristiques (il a considérablement amélioré l’accès à l’information, a permis la collaboration à très grande échelle…) et autant d’inconvénients (distractions constantes…)...

Lire sur InternetActu, 12/02/2010 : Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ?
4/5 : L'Internet n'a-t-il rien changé ?

5. Et vous ?

A l’occasion des 10 ans de la Fing, Internet Actu invite les internautes à contribuer au débat  « sur ce que l’internet a transformé (ou pas), profondément, dans vos pratiques et dans vos manières de penser et d’agir. Si vous regrettez ce qu’il a changé. S’il a tout transformé, ou si au fond vous vous demandez bien ce qu’il vous a apporté...».

5.5 Et vous ?