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Lecture sur écran

2. Processus cognitifs

Points de vue de chercheurs dans d'autres pays

Les écrans et la lecture en profondeur : le cerveau s'adapte

Les difficultés à se concentrer quand on n'a pas de liens hypertexte

«L'hyperlien, le message de 140 caractères, la lecture zapping : autant de nouveaux modes de consultation de textes qui modifieraient notre capacité à comprendre les choses en profondeur. Michael S. Rosenwald, dans le Washington Post enquête sur un phénomène qualifié de « problème d'engagement ». En effet, selon lui, une inquiétude grandit dans l'esprit du lecteur dès lors que le message doit lui prendre plus de quelques minutes pour être intégré.»

ActuaLitté, le 09/04/2014

 

Dyslexie : les tablettes peuvent aider les enfants à apprendre à lire

Les chercheurs américains ont découvert que les enfants dyslexiques ont moins de difficulté à lire sur l’écran des tablettes numériques.

«Le Dr Matthew Schneps, du Centre des sciences de l’éducation de l’Université de Harvard a suivi un groupe d’une centaine d’élèves et leur a demandé de lire des phrases courtes écrites sur un cahier, puis d’autres phrases courtes sur l’écran d’une tablette. Il s’est rendu compte que les enfants qui souffraient de dyslexie avaient beaucoup de moins de difficulté avec la lecture lorsque les phrases étaient présentées sur une tablette. »

TopSante.com, le 20/09/2013

 

Association américaine de pédiatrie

Ne pas mettre les enfants de moins de 2ans devant les écrans
L'association américaine de pédiatrie (AAP) recommande de ne pas soumettre les enfants de moins de deux ans devant les écrans car «les réseaux neuronaux impliqués dans nos aptitudes mentales s'organisent pendant les deux premières années de vie et sont fortement influencés par les expériences vécues »  et pour les enfants de plus de deux ans de « limiter la télévision à une ou deux heures par jour ».

Les effets des écrans sur le cerveau des plus jeunes, Science et vie, n° 1149, juin 2013.

 

 

Vandewater Elisabeth et co

Impact de la télévision sur l'apprentissage de la lecture
Une étude de Vandewater Elisabeth et co de 2005 montre que les enfants de 0 à 6 ans chez qui la télé est toujours allumée ont près de 3 fois plus de risques de ne pas savoir lire à la sortie du cours préparatoire car ils ont des difficultés à se concentrer, alors que la concentration est essentielle dans l'apprentissage de la lecture.

Les effets des écrans sur le cerveau des plus jeunes, Science et vie, n° 1149, juin 2013.

 

Judy Loache et co

Vidéos et langage
Concernant le langage, les travaux de Judy Loache et co, 2010 montrent que « les enfants [ de 12 à 18 mois ] exposés pendant 4 semaines de manière intensive à une vidéo conçue pour leur apprendre - de façon non interactive - des mots relatifs à la maison et au jardin, n'apprennent pas plus de nouveaux mots que ceux qui ne sont exposés à aucune vidéo »

Les effets des écrans sur le cerveau des plus jeunes, Science et vie, n° 1149, juin 2013.

 

Université de Leicester

Apprend-on mieux sur un support papier ou sur un écran ?

 «Une recherche britannique (Kate Garland, université de Leicester) a montré que si l’on donne les mêmes documents à des étudiants sur écran ou sur papier, la mémorisation est la même. Or, dans la même étude, on remarque également que si les étudiants ne connaissent rien au sujet, alors l’écran est un support un peu moins bon. Lorsque l’on apprend sur papier, nous nous souviendrions aussi, visuellement, de l’objet qui sert de support, la page, le livre ou encore le classeur, ce qui favoriserait la mémorisation.»

Futura Sciences, le 21/03/2013

Espagne

Socrate 2.0
Du cerveau analogique au cerveau numérique
"Fin connaisseur de l’histoire du livre et de l’édition, le sociologue espagnol Joaquín Rodríguez dresse dans son dernier ouvrage un parallèle entre l’inquiétude du philosophe grec et celles d’un père confronté à l’obsession de son fils pour le monde du Web et du tchat."

Books en présente un extrait.
"Mais, tels des Socrate dans le cyberespace, nous n’avons pas le recul suffisant pour comprendre parfaitement l’évolution en cours. Le grand philosophe n’a su ou pu comprendre la supériorité de l’écrit sur l’oral ni, moins encore, anticiper les considérables changements cognitifs que l’invention de l’alphabet grec allait apporter  ; nous n’avons que des questions qui expriment nos soupçons et nos spéculations. Il est plus que possible, par exemple, que nos cerveaux soient en train de connaître très exactement une transformation aussi considérable que celle qu’ils ont connue dans l’Antiquité ; nos pauvres cerveaux analogiques sont peut-être en train de se convertir en cerveaux numériques, bien qu’aucun neurolinguiste ne s’aventure à nous dire ce que nous gagnons et perdons au change. Pis encore, nous savons que nos cerveaux sont des organes dont la configuration actuelle tient notamment à ce qu’ils apprirent à se transformer, en l’absence de détermination génétique, pour être capables de lire. Nos capacités cognitives actuelles les plus fines – la prévision, la planification, la déduction, l’abstraction, la pondération et la formation du jugement – sont donc nées dans une large mesure du développement historique de cerveaux lecteurs, et de l’accumulation de procédés et de traditions liés à la pratique de la lecture (la concentration, la méditation, le développement d’une argumentation)..."

Books, n° 7 - Juillet-Août 2009

Voir tout l'extrait en ligne

Tufts University

Le calme est bon pour l’esprit
Hubert Guillaud
"Dans Proust and the Squid (Proust et le Calmar, en référence à la façon dont ces animaux développent leurs réseaux de neurones), qu’elle a écrit en 2007, elle explique comment l’espèce humaine a appris à lire et comment la lecture transforme nos fonctions cérébrales de l’enfance à l’âge adulte. “L’acte de lecture n’est pas naturel”, rappelle-t-elle : elle a eu une influence sur l’évolution de nos circuits neuronaux et certaines zones du cerveau se sont spécialisées dans la reconnaissance de caractères et dans la lecture. La lecture est une invention culturelle acquise récemment. “L’efficacité que nous avons développée grâce à la lecture nous a permis d’avoir plus de temps pour réfléchir”, explique-t-elle, en observant, via l’imagerie cérébrale, comment les enfants apprennent à maîtriser de mieux en mieux la lecture. Wolf se réfère à Proust dans Sur la lecture (.pdf) (où Proust définit la lecture comme l’intervention, qui, tout en venant d’un autre, se produit au fond de nous-mêmes, c’est-à-dire l’impulsion d’un autre esprit sur notre solitude) : la lecture nous rend plus intelligents car elle laisse notre cerveau seul avec lui-même, le laissant penser sans être dérangé, contrairement à ce qui arrive lors d’une conversation par exemple. [...] Nonobstant, Maryanne Wolf se montre plutôt inquiète pour l’avenir de la lecture. Selon elle, avec le web, son instantanéité et sa surcharge informationnelle, la façon dont nous lisons change profondément : à l’écran, nous ne lisons pas, nous écrémons !"

Le papier contre l'électronique : lequel nous rend le plus intelligent  ? Internet Actu, 10/02/2009

Université technologique de Louisiane

agence des usages tice

Lire et comprendre sur écran : faut-il limiter le temps de lecture ?
Géraldine Charles-Dominique

"La lecture sur écran deviendra de plus en plus courante avec les environnements numériques d'apprentissage...
Jeffrey Walczyk et ses collaborateurs de l’université technologique de Louisiane ont mené une étude sur les effets de la limitation du temps de lecture afin de savoir quelles conditions sont les plus intéressantes sur le plan pédagogique pour améliorer la compréhension du texte. Cette étude concerne notamment les élèves de lycée et de collège, mais elle peut servir à la réflexion des enseignants à tous les niveaux."...
"L’article montre que la gestion du temps de lecture par l’enseignant entraîne de meilleurs résultats de compréhension, mais seulement si la contrainte n’est pas trop forte."

Agence des usages des TICE, 03/03/2009

Université de Californie

internet actu

Le papier contre l’électronique : Lequel nous rend plus intelligent ?
Hubert Guillaud
"Selon des neuroscientifiques de l’université de Californie, la stimulation cérébrale générée par la consultation de l’internet est plus forte que celle générée par la lecture traditionnelle. […] Il est évident que l’internet nécessite de prendre sans arrêt des décisions, ce qui n’est pas le cas d’une lecture classique qui ne nécessite pas de choix constants ou complexes. Le fait que la lecture sur le net soit plus stimulante pour le cerveau (parce qu’elle mobilise de la concentration pour activer les liens et nécessite une interaction active) est finalement assez logique. Peut-être que cela favorise également la mémorisation, puisqu’on sait que celle-ci réussit mieux quand le récepteur est actif plutôt que passif… Mais rien ne dit que cette cette surstimulation facilite la compréhension ou l’assimilation des informations qu’on y parcourt. Ou qu’elle favorise la dimension associative censée nous amener à de nouveaux niveaux de conscience.
Par sa “complexité”, son hypertextualité qui nécessite de faire des choix constants, la lecture sur l’internet stimule plus certaines zones de notre cerveau que l’austère page blanche d’un livre. Ca ne tranche pas le débat, mais ça le scinde un peu plus en deux : entre ceux qui y voient un danger qui risque de transformer la manière dont notre cerveau raisonne et assimile l’information et ceux qui y voient une preuve de la supériorité du net, qui ouvre de nouvelles perspectives dans ses façons d’impliquer le lecteur dans la lecture...
En attendant, on conclura sur le constat que les deux supports stimulent différemment notre intelligence, certainement aussi parce que nos chercheurs ont encore bien du mal à définir ce qu’est l’intelligence ou plutôt ce que sont les différentes formes d’intelligences."

Internet actu, 10/02/2009