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Indexation de ressources

Séminaire SDTICE 2007

Interventions du 27 mars

Les enjeux de la normalisation dans le domaine des TICE

Dorothée DANIELEWSKI (Ministère de l'éducation nationale / SG / STSI / C1)

Le ministère de l'Education nationale s'implique depuis le début des années 2000 dans les chantiers de la normalisation des TIC pour l'enseignement, indique Dorothée Danielewski, chef de projet "normes et standards" au STSI du Ministère de l'Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. L'AFNOR a été soutenue dès 2001 par la SDTICE avec "un triple objectif de veille internationale, de représentation de la France au niveau des organismes internationaux de normalisation et de couverture des besoins de normes nationales". Les réflexions normatives dans le domaine des TIC pour l’éducation cherchent à répondre aux évolutions de la société, en particulier à l’accroissement de la mobilité, qui est un facteur de développement de la formation à distance et une dimension à intégrer dans les architectures techniques.

Certains pays ont déjà intégré cette dimension : par exemple, les Coréens consomment beaucoup de formation dans les transports, souligne Dorothée Danielewski. Cette "évolution de la société" est marquée aussi par le phénomène de mondialisation qui donne la possibilité de comparer les enseignements entre les pays, ce qui explique en partie pourquoi le MIT ou certaines universités chinoises ont mis leurs cours en ligne. C'est une "facilité d’accès qui n’existait pas il y a quelques années". Enfin, il y a une "multiplication des ressources et dorénavant, avec le web 2.0, tout le monde peut être émetteur de ressources, ce qui aboutit à un corpus très important. L’indexation est aussi une façon de réguler cet afflux de ressources".

La France est représentée au niveau des négociations internationales sur les normes par l'AFNOR (Agence Française de NORmalisation). Les sujets sont auparavant traités dans des groupes thématiques, en lien avec le ministère, "pour prendre en compte l’ensemble de la problématique enseignement et formation". Selon Dorothée Danielewski, les travaux prospectifs de normalisation se font « beaucoup à l'initiative de la Corée et du Japon, car ils ont des usages que nous ne connaissons pas, comme le mobile-learning. Cela n’aboutit pas toujours à des normes, comme pour le retro ou speed-learning qui vise à former rapidement aux premiers gestes d’urgence en cas de catastrophe, par des moyens simples comme le téléphone mobile. D'autres réflexions sur l’optimisation de la production de contenus pédagogiques sont menées : il faut souligner que la question n’est jamais de normaliser la formation ou le contenu, mais le mode de production et de description des contenus". D’autres réflexions sont en cours au sein de l’ISO (International Standardization Organisation, www.iso.org) sur la protection des données personnelles. La position défendue par la France s'attache à la "protection des données personnelles pour s’assurer que l’utilisation d’un LMS n’expose pas à des sollicitations commerciales non désirées, notamment dans l’enseignement scolaire où les élèves sont mineurs. Cette position est très différente de ce qui est diffusé au niveau international".

La normalisation renvoie également à des "sujets très concrets, comme le CDMFR, à l'origine un travail norvégien décliné dans les pays européens". Il ne s'agit pas encore d'une norme et pas vraiment d'un standard, mais les partenaires y travaillent. La France soutient la Norvège pour faire reconnaître CDM comme norme. Il faut noter la différence entre une  norme et un standard. Une norme est un document établi par consensus et approuvé par un organisme reconnu pour des usages communs et répétés,  des règles, des lignes directrices, ou des caractéristiques pour des activités ou leurs résultats garantissant un niveau d’ordre optimal dans un contexte répété. Un standard est un référentiel publié par une autre entité, du moment que ce référentiel a une diffusion large. L'objectif est d'arriver en France à une norme expérimentale à la fin de l’année et, un peu comme cela été fait pour LOMFR, d’avoir des remontées du terrain, des remarques, pour avoir une norme en 2008. Un « repositionnement" se fait au niveau européen "au travers des travaux du CEN (Comité européen de normalisation, www.cenorm.be), notamment sur la gestion des compétences avec le e-portfolio qui doit suivre l’étudiant au cours de l’enseignement initial et continu". Cela touche aussi aux "dispositifs d’accompagnement pris en charge par le ministère : toutes les idées sont bonnes à prendre, surtout sur des sujets émergents". Dorothée Danielewski évoque également les "mesures d’accompagnement pour la mise en œuvre de normes" avec les "mises à disposition d’exemplaires de la norme pour les universités, le suivi de tous les groupes de réflexion pour la mise en œuvre". Pour Dorothée Danielewski,"l’indexation est la solution pour résoudre le problème du foisonnement des contenus pédagogiques".

"La question de la diffusion des normes ne pose-t-elle pas traditionnellement problème en France ?", interroge Yannis Delmas, chef de projet à l'UNR Poitou-Charentes. "Dans la nouvelle convention de septembre est intégré le fait que chaque université, UNR, UNT va recevoir une norme. Il ne s'agit pourtant pas d'un domaine qui relève de l'Education nationale, puisque l’organisme de tutelle de l’AFNOR est le ministère de l’Industrie". Selon Dorothée Danielewski, acquérir un exemplaire de la norme ne signifie "pas seulement payer un morceau de papier, c'est acquérir une garantie qu'il ne changera pas et que les mises à jours seront envoyées. Les normes produites dans le cadre de la convention, ainsi que les travaux, seront adressées à un certain nombre de structures dépendant du ministère de l’Education nationale. Cela correspond à une progression par rapport à il y a deux ans, où rien de tel n'existait".