Pratiques collaboratives

3. Outils collaboratifs et enseignement

Intérêt éducatif

Point de vue d'un philosophe

Entretien avec Bernard Stiegler

Bernard Stiegler, directeur de l'Institut de recherche et d'innovation (IRI), professeur à l'Université de technologie de Compiègne, répond aux qusetions d'Ivana Ballarini et d'Alexandre Serres sur la culture informationnelle, la culture informatique et la culture des médias, et donne son point de vue sur les évolutions du web 2.0.

Extraits

"Sur les technologies numériques, les jeunes en savent souvent plus que nous, cela fait partie de la structure même de ces technologies, il faut l’accepter et même s’en réjouir. Cela veut dire qu’il faut inventer une nouvelle dialectique au sens de Platon : quand l’élève se pose une question, cela nourrit le maître et le fait réfléchir. La dia-lectique, c’est très participatif : c’est la base même du dia-logue. Le cours doit intégrer cet espace dia-logique. A l’époque où les technologies du web 2 et du collaboratif se développent, il faut en tenir le plus grand compte. Les technologies colllaboratives sont des hypomnémata dialogiques. Si j’étais professeur de collège, j’essaierais de créer un réseau social de ma classe, par exemple. Pour cela il faudrait créer des cours spécialisés, mais qu’il faudrait d’abord dispenser aux enseignants eux-mêmes."

"Pour revenir à la question du web, on a affaire à des technologies participatives très évolutives qui font que les élèves seront de plus en plus légitimement exigeants sur ce plan. Il y a une obligation pour les enseignants, les inspecteurs et les ministres à intégrer le fait qu’ils ont affaire à des publics outillés sur lesquels ils doivent compter. Il faut tenir le plus grand compte de ces nouvelles pratiques."

Éducation aux médias et culture de l’information - Mediadoc n° 2, avril 2009 - Sur le site de la Fadben
PDF, 7 p.