Manuel numérique

Séminaire SDTICE, octobre 2008 : actes

En ligne

Diffusion des manuels numériques

Table ronde animée par Gilles BRAUN, chef de programme Ressources numériques à la SDTICE

Experience du collège de Goussainville

François JOLLIVET, directeur Education au Conseil Général du Val d’Oise, présente le collège numérique de Goussainville.
Il explique que la démarche se construit autour de trois objectifs majeurs :
· Utiliser les TICE sur les temps scolaire et périscolaire (accompagnement éducatif) auservice de la réussite des élèves et au profit de deux publics "cible" : l’EPLE, c'est-à-dire l’établissement dans sa qualité d’acteur éducatif local, et les enseignants.
· Traiter la question complexe du poids des cartables, en travaillant sur les ressources numériques avec les principaux éditeurs de manuels scolaires. Les livres traditionnels restent au domicile des élèves.
· Créer un collège économe en papier et répondre à l’appel à projet "L’école agit" issu du Grenelle de l’environnement.

Il ajoute que cette action se base sur une triple utilisation des TICE dans le collège :
· Un usage individuel
· Un usage collectif avec un TNI
· Un usage semi collectif intégrant un TNI et un principe de cartable numérique permettant de prêter les ordinateurs portables

Il précise que la salle informatique est ouverte durant le temps périscolaire. Grâce à cette ouverture, cet établissement accueille deux fois plus de demi-pensionnaires que les autres établissements de la ville.

Frédéric KERBECHE, Département du Val d’Oise ajoute que les possibilités d’utilisation des ressources ont été divisées en quatre temps:
· Le temps scolaire : les ressources numériques sont utilisées par l’enseignant en interaction avec le groupe classe
· L’accompagnement éducatif : les élèves les utilisent en autonomie ou en travail semi collectif sous l’autorité de l’enseignant
· La pause méridienne : utilisation de l’élève sous le contrôle d’un adulte
· Au domicile : par le biais de l’ENT, l’élève emploie les ressources en autonomie.Il précise que des ouvrages de tout type (numériques, numérisés ainsi que des ressourcescréées par des enseignants) sont utilisés.

Après six semaines d’usage des ressources en classe, il constate :
· Une adhésion forte des enseignants, encouragée par l’engagement conjoint de l’Inspection académique, le CDDP et la collectivité. Le collège est fortement doté en matériel numérique et en ressources. De plus, les enseignants sont majoritairement néo titulaires et volontaires dans l’usage des TICE.
· L’usage des TICE explose au delà des projections. Les enseignants de langue déplacent leur cours dans les salles de SVT afin d’avoir accès aux outils TICE, les salles d’enseignement général étant occupées.
  Par cette pratique, une nouvelle question surgit : est-il nécessaire de construire des salles dédiées, lorsque du matériel TICE est disponible ?
· Des besoins en guidance et en ressources exponentiels. L’équipe éducative repense la démarche pédagogique en intégrant les TICE.
· Un partage d’expérience transdisciplinaire qui se développe, devant la demande et l’intérêt accru des élèves. Ces échanges d’expériences entre les professeurs mais également entre les élèves provoquent un réel débat alimentant la motivation.
· Une offre de ressources importante, mais des accès dispersés freinant l’intérêt des enseignants.
· Un modèle économique peu uniforme, donc difficile d’appréhension. Les démarches d’accès aux ressources proposées par les éditeurs sont laborieuses, autant pour les accès gratuits, les acquisitions de licences pour les élèves ou les ressources payantes.

Accès via les portails de ressources et les ENT

Eric MAZO, chef du service des Technologies de l’Information Educatives au Conseil régional PACA évoque le projet Correlyce
qui consiste à dynamiser les usages pédagogiques en mutualisant les moyens de la collectivité et ceux de l’Etat.
Il s’agit d’un portail avec accès authentifié. Cet établissement autonome est ouvert au personnel enseignant et aux élèves tout comme aux éditeurs. Chaque établissement bénéficie d’une subvention pouvant être complétée chaque année de 1500€. Via Correlyce, 62% des établissements ont procédé à des commandes auprès des éditeurs. La Région a investi 270 000€. Par rapport au budget d’une collectivité, le coût des opérations n’est pas exorbitant.
· Correlyce intègre également des ressources libres. Et Correlyce a levé la frilosité à l’achat grâce à une communication ciblée sur l’enseignant, l’utilisateur principal des TICE. Les ressources les plus demandées proposent des titres avec un tarif
"établissement ", l’établissement souscrit pour tout son effectif, ainsi que les ressources valant moins de 500€. Ce prix semble être la limite psychologique. En termes pédagogiques, les ressources interactives, qui permettent d’agrémenter les
cours, priment dans les demandes, ainsi que les ressources autour des langues et de la presse.

Eric JULIEN, Responsable suivi commercial et technique du KNE
· Par la généralisation progressive des ENT, ou la création de portails structurants tel Correlyce permettant un travail en synergie avec la Collectivité, le on-line se professionnalise graduellement. Un établissement qui accède à une ressource met en mouvement une chaîne d’acteurs : le réseau de l’établissement, la boucle locale de la Collectivité, le portail, etc.
. Les demandes d’information de la part des enseignants sont en essor. Les établissements investissent : depuis début septembre, au niveau national, plus de 2000 licences de manuels numérisés ont été acquises dont deux tiers correspondent à des licences enseignant pour vidéo projection en classe. Fondamentalement il s’agit de manuels de mathématiques ou de sciences physiques. Les enseignants utilisent ces manuels sur des TBI. L’action du KNE se centre sur l’aide et l’information, et le constat est que la population qui utilise ces manuels se compose d’enseignants qui n’employaient pas les TICE. L’usage d’un manuel numérique leur paraissait trop compliqué. Le manuel vidéo projeté les initie aux TICE.
· Ces manuels sont accompagnés de DRM qui réglementent les copies, engendrant des problèmes de gestion technique.

Jean-Michel LECLERCQ, chef de projet ENT à la SDTICE
· Il est nécessaire de réfléchir à la place de tout nouveau service numérique dans l’environnement numérique de l’établissement. Tout établissement a un environnement numérique, plus ou moins riche, certes, mais bien existant. L’arrivée d’un nouvel objet doit se concevoir dans l’urbanisation de l’existant, sa place doit être définie. Lors de l’élaboration du schéma directeur des espaces numériques en 2003, l’objectif premier consistait en la rationalisation de l’accès à la multiplicité desservices numériques existants dans les établissements.
· Dans un ENT des services basiques sont proposés aux utilisateurs : espaces de forum, espaces collaboratifs, services de courrier électronique. A travers l’ENT, il y a lapossibilité d’enrichir le manuel numérisé par les services de l’ENT qui lui serontpériphériques, le point d’ancrage est identifié. L’intégration du manuel numérique dans l’ENT est plus complexe. Comment positionner un manuel enrichi dans une offre de services ENT déjà riche ? Les élèves et enseignants se voient proposer un accès simplifié mais une complexification de la gestion de l’information pourrait se créer au sein de ces services.
· La notion d’ENT est basée sur une architecture horizontale qui repose sur un socle technique sécurisé. L’offre de services se situe au dessus de ce socle. Dans un ENT, il est possible de flécher un contenu pour un type ou pour une famille d’usagers, un groupe classe, voire à un élève.Cette capacité technique offre une richesse de propositions de contenus mais qui demande réflexion.
· Afin de dynamiser le déploiement de services il faut élaborer des préconisations techniques claires de connexion du manuel à l’ENT, partagées par tous les utilisateurs.Il faut en effet éviter qu’une multitude de connecteurs se mette en oeuvre au fur et à mesure d’expérimentations dispersées, et générant des coûts de développement trop élevés. Des spécifications peuvent être élaborées qui permettront au fournisseur d’ENT et à l’éditeur de manuels numériques d’avoir des schémas partagés de connecteurs.

Réactions

Caroline d’ATABEKIAN, association Weblettres demande si une plateforme telle Correlyce n’usurpe pas la fonction des libraires.

Eric MAZO répond que Correlyce n’est pas une plateforme de commerce en ligne, il s’agit d’une plateforme de médiation.

Eric JULIEN, Responsable suivi commercial et technique du KNE, juge que la création de portails structurants tels Correlyce permettent un travail en synergie avec la collectivité, e montrent que le on-line se professionnalise graduellement.

Jean-Michel LECLERCQ, chef de projet ENT à la SDTICE , pense que tout établissement a un environnement numérique, plus ou moins riche, et que l’arrivée d’un nouvel objet doit se concevoir dans l’urbanisation de l’existant, sa place doit être définie. Il juge qu’il existe une réelle complexité lorsque sont alliées plusieurs technologies de readers ou de players.