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Hadopi, biens culturels et usages d’internet : pratiques et perceptions des internautes français

La Haute Autorité Pour la Diffusion des œuvres et la Protection des Droits sur Internet vient de publier une étude, intitulée : "Hadopi, biens culturels et usages d’internet : pratiques et perceptions des internautes français". Cette étude a pour objectif de faire un état des lieux du niveau de familiarité des internautes français face à la loi et de mieux comprendre leurs réactions et pratiques de consommation licite et illicite de biens culturels.

Des extraits ci-dessous de cette étude reprennent les éléments généraux des réponses. Consultez l'étude en ligne pour avoir tous le détail des réponses.

Echantillon de l'étude

Cette étude quantitative a été menée en ligne du 25 octobre au 04 novembre 2011, auprès de deux échantillons indépendants représentatifs de la population d’internautes français. Pour le premier échantillon (1624 internautes), il a été demandé directement aux personnes interrogées de faire état de leur pratiques personnelles d'internet et pour le deuxième échantillon (1063 internautes), il s'est agi de mesurer la perception que les personnes interrogées avaient des autres internautes français.

Hadopi

Notorité et connaissance de l'Hadopi

 A la question : "Quels sont selon-vous les organismes ou lois qui régulent internet  ?"
L’Hadopi est citée spontanément par un tiers des consommateurs, loin devant les autres organismes associés à la régulation d’internet. Ainsi Hadopi est beaucoup mieux connue que la CNIL 32% contre 8% et mieux connue chez les hommes et les 25-39. Les internautes ont entendu parler de l’Hadopi en premier par la télévision (61%), puis la presse (41%), la radio (33%), internet (30%).

Perception de l'Hadopi

Il est constaté une adhésion assez importante des internautes aux affirmations positives concernant les missions de l’Hadopi. Cette adhésion porte pour l’essentiel sur sa pertinence et son efficacité sur le comportement individuel.

  • "Permettra de développer l'offre légale sur internet" (47%)
  • "Est utile pour la protection de la culture" (47%)
  • "Permettra une juste rémunération des artistes" (43%).

Cependant  un bon tiers des internautes ne se prononce pas encore.

Une proportion importante d’internautes émettent des opinions négatives relatives à l’Hadopi :

  • "Ne sert que les intérêts particuliers de certains" (51%)
  • "N'est pas en phase avec le culture du web" (47%)
  • "N'aura pas de véritables effets sur la consommation illégales d'oeuvres culturelles" (46%).

Les opinions sur l’Hadopi sont pour l’instant partagées. Les femmes ont une perception positive des missions de l’Hadopi. Elles estiment que l’Hadopi « est une bonne initiative » (49% contre 41% pour la moyenne de spersonne sinterrogées). A l’inverse, les plus sceptiques sont notamment les hommes qui estiment qu’elle « ne sert que les intérêts particuliers de certains » (60% contre 51% pour la moyenne).

Impact de l’Hadopi sur les comportements des internautes face au téléchargement

 A la question : "L'Hadopi vous inste-t-elle à changer vos habitudes de consommation en ligne de musique, vidéos...? Oui 25% - Non 62%.

 A la question : "L'Hadopi vous inste-t-elle à consommer plus régulièrement des oeuvres culturelles sur des sites respectueux du droit d'auteur ? " Oui 36% - Non 39%.

A la question : L'Hadopi  inste-t-elle les internautes à consommer plus régulièrement des oeuvres culturelles sur des sites respectueux du droit d'auteur ?" Oui 40% - Non 38%.

Sur ces trois points environ un quart des internautes ne se prononce pas encore. D'après les réponses on remarque que l’action à venir de l’Hadopi peut être déterminante pour influencer le comportement des internautes.

Sécurisation des accès

73% des Internautes savent qu’ils doivent protéger leur accès Internet.
Les internautes déclarant un usage illicite sont plus au fait de la sécurisation WiFi (clé WPA 18% contre 10% en moyenne, clé WEP 18% contre 12% en moyenne).
Les 15-24 ans sont les plus nombreux à déclarer posséder une clé chiffrée pour sécuriser leur connexion Wifi (41% contre 33% en moyenne).
L’anti-virus est le logiciel de protection le plus fréquemment installé au domicile ( 93% des internautes ont un anti-virus, quelle que soit la population), suivi du pare-feu. L’anti-spam et l’anti-spyware sont également présents mais dans une moindre mesure.

Usages en ligne de biens culturels

Offre légale et illégale

Le caractère payant est une garantie de la légalité pour les internautes déclarant des usages licites (59%), contrairement aux internautes déclarant des usages illicites (46%).
Les internautes déclarant des usages illicites sont plus nombreux à savoir que le payant n’est pas forcément légal (27%contre 17% en moyenne).
Les meilleures garanties de la légalité pour les internautes sont l'existence d'une charte, la notoriété ou la labellisation (respectivement 49% et 42%).

Dépenses mensuelles pour des biens culturels

Les internautes déclarant un usage illicite ont une dépense légèrement supérieure à la moyenne (+1 à +2 points selon la tranche), ils sont moins nombreux que la moyenne à déclarer « aucune dépense ». 
A contrario, les internautes déclarant un usage licite ont une dépense légèrement inférieure (-3 à -1 points selon la tranche) et sont plus nombreux que la moyenne à ne déclarer « aucune dépense ».
La dépense moyenne mensuelle s’élève à 27 euros pour la totalité de la population internaute, et à 36 euros pour les 75% d’internautes dépensant un euro et plus.
Les 15-24 ans dépensent moins que les autres.

Types de biens culturels consommés en ligne

Chez les internautes déclarant un usage illicite, la musique est le produit culturel le plus téléchargé au cours des douze derniers mois (57%), les films arrivent en seconde position (48%).
Les 15-24 ans ont une consommation de biens culturels variée et consomment beaucoup plus que les autres. Par ailleurs, les internautes les plus âgés sont les plus nombreux à ne pas consommer.

Voies gratuites de consommation culturelle

Les principales voies de consommation gratuites privilégiées par les internautes déclarant un usage illicite sont les sites de streaming (64%), le Peer-to-Peer (42%) et les sites de téléchargement direct (37%).

Usages illicites en ligne de biens culturels

Consommation illicite de biens culturels

Près de la moitié des répondants déclare consommer des biens culturels de façon illicite (49%), dont 13% régulièrement et 36 % occasionnellement ou exceptionnellement. Ce sont majoritairement des hommes de 15 à 39 ans.
A l’inverse, les internautes déclarant un usage licite sont majoritairement des femmes, et se situent dans les tranches d’âge plus élevées.
Un quart des internautes déclarant un usage illicite, estime qu’il consomme des produits culturels depuis plus de 5 ans, 29% déclarent avoir commencé à le faire « depuis moins de 6 mois ».

Différence entre pratique illicite et la perception de ce que font les Français

49% des internautes déclarent consommer des biens culturels de façon illicite ; en revanche, la quasitotalité des internautes (95%) pense que l’ensemble des internautes français consomme des biens culturels de façon illicite.

Freins à la consommation légale

Le prix est le premier frein à l’usage licite (37%), suivi par la diversité de l’offre (21%) puis, à quasi égalité, l’habitude de consommation illicite (13%) et  le mode de paiement (12%).

Equipement des internautes

Les internautes déclarant un usage illicite sont davantage équipés, notamment pour des produits tels que ordinateur portable (68%), disque dur externe (53%), console de jeux (52%), smartphone (33%), mini PC portable (15%).

Usage d'internet

77% des internautes déclarent utiliser Internet « de nombreuses fois par jour ». Ils sont plus nombreux (82%) parmi ceux qui déclarent un usage illicite et ils sont 20% à déclarer l'utiliser une à deux fois par jour.

Activités pratiquées sur Internet

Les internautes déclarant un usage illicite ont une utilisation d’Internet plus importante que l’ensemble de l’échantillon pour la consommation de biens culturels (65% contre 55% en moyenne), les messageries instantanées (63%), les réseaux sociaux (60%) et dans une moindre mesure les jeux video en ligne (22%) et la participation à des forums (19%).

Consultez l'étude en ligne pour avoir tous les détails des réponses qui là ont été présentées dans leur globalité.

Hadopi, biens culturels et usages d’internet : pratiques et perceptions des internautes français, , 83 p. 23/01/2011.