Les applications de la « blockchain »

Entretien avec la chercheuse Primavera De Filippi sur la plateforme du MOOC Digital Media.Paris consacré à la technologie de « chaîne de blocs », au bitcoin et aux problèmes juridiques liés à une technologie décentralisée, sans gouvernance.

Dans ce 19ème opus du MOOC Digital Media.Paris, Dominique Moulon, membre de l’Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines (OMNSH), de l’Association Internationale des Critiques d’Art (AICA), du prix Opline pour l’art contemporain en ligne et fondateur du site MediaArtDesign.net, accueille en entretien Primavera De Filippi, chercheuse au CERSA (unité mixte du CNRS et de l’Université Paris II) et chercheuse associée au Berkman Center for Internet & Society (Université de Harvard), où elle analyse les implications juridiques des architectures distribuées.

De la blockchain aux problématiques juridiques

Dans le premier chapitre du cours, Primavera De Filippi revient sur son parcours de chercheuse, entre art, numérique et droit, en s'attardant notamment sur la « chaîne de blocs » qui repose sur une combinaison de technologies existantes et permet d'instaurer une forme de confiance décentralisée. Certains termes et expressions comme « hachage », « minage », « smart contracts » et « DAO » sont définis au cours des différents chapitres. Au sujet du « bitcoin » en particulier, Dominique Moulon interroge la chercheuse sur l'identité de son auteur, sur les coûts énergétiques et écologiques engendrés par tous ces processus mais aussi sur les différentes exploitations de la blockchain en général (paiement mobile, transactions énergétiques, échanges commerciaux, échanges de valeur).

Cette technologie bouleverse le schéma classique de la propriété intellectuelle comme l'illustre l'exemple artistique des « Plantoids » qui mettent en jeu « un réseau génératif et évolutif de sculptures interactives de plantes ». Par ailleurs, il est désormais possible via le site de CC France d'enregistrer une œuvre sous licence Creative Commons sur la blockchain, accompagnée du nom de l'auteur et d’autres informations relatives à l’œuvre, ce qui permet entre autres d'établir l'antériorité de ladite création. L'architecture décentralisée induite par la technologie de chaîne de blocs pose plus globalement des questions en matière de régulation et de gouvernance.


Sources


Réseaux et médias sociaux


Veille Éducation Numérique - Publication du Centre de documentation de la DGESCO